Il me semble que le pape actuel a conservé cette noble pratique de ne pas sourire pendant la messe et d'afficher une mine très sérieuse, voire austère, comme on l'a toujours prescrit dans les cours de liturgie au séminaire. C'est d'ailleurs parfaitement conforme à la pensée liturgique de Benoit XVI.
Dans les séminaire diocésains cette norme a été oubliée, parce qu'ils en ont perdu le sens. En effet, il ne s'agit pas de mondanité. Cela n'a rien à voir, il s'agit de transcendance, une transcendance qui marque un terme à mon petit horizon personnel, à cette vie perpétuellement exprimée, toujours extérieure et signifiante, égoïste. La joie est parfois une grâce, certes, mais à la rigueur, pendant la consécration elle n'exprime pas plus le mystère de la transsubstantiation qu'un beuglement de vache.
Il est vrai que tant que la récitation à voix haute du canon et des paroles de consécration sera de rigueur, personne ne pourra comprendre cela. S'il y a signe, c'est le rite qui le donne, et non la grimace du prêtre, relative, passionnelle, subjective.
Admettez cher Stéphane qu'il y a des gens pour qui la joie (souvent prétendue collective) apparaît comme une insulte. Et ils ne cherchent pas plus à retrouver des mines tristes sur le visage de leur clergé, parce qu'ils ne conçoivent pas que la liturgie puisse être compatible avec la moindre "expression personnelle". Ils ne veulent voir que Dieu. |