Je vous remercie pour ce document intéressant dont j'ignorais effectivement l'existence.
Je suis bien entendu d'accord avec vous pour dire que naitre et grandir dans une famille appartenant à une Église schismatique ne constitue pas un péché en soi. mais nous parlons là d'adultes, issus de milieux schismatiques, mais vivant en terre catholique loin des sacrements de leur Église. Si ils désirent recevoir les sacrements dans l'Église catholique pour cette raison, ils se renseignent alors sur ce que signifient ces sacrements pour les catholique et sur ce qu'est l'Église catholique. Si suite à cet examen ils persistent dans le schisme, alors dans ce cas précis je continue à penser qu'il y a péché. En effet, ils ont alors une connaissance de la vérité, mais continuent d'en rejeter volontairement une partie. Le péché ne consiste pas à naitre au mauvais endroit, mais à persister dans un schisme en ayant une connaissance de la doctrine catholique et étant pourtant éloigné géographiquement de son Église schismatique d'origine.
Encore une fois, je pense que ce texte a très peu d'applications pratiques car les conditions qu'il pose sont presque impossible à remplir : en effet, si on exclue le cas de la mort imminente du schismatique auquel bien entendu on apporte alors les derniers sacrements s'il le souhaite (et là ce texte est utile au niveau pratique), le texte demande que le schismatique reconnaisse la foi catholique en matière des sacrements. Or il parait hasardeux de penser que l'on puisse partager totalement la foi sacramentelle des catholiques sans être soi-même catholique. En clair, il ne suffit par de croire qu'il y a présence réelle : il faut alors croire que la présence réelle ne se trouve validement et licitement (et concernant les schismatiques orthodoxes c'est la question de la licéité qui compte, pour les hétérodoxes c'est à la fois la validité et la licéité) que dans le sacrement catholique de l'Eucharistie. Un schismatique qui professerait cela ne serait plus schismatique mais bien catholique.
Donc je pense que ce texte - je persiste - est un signe de bonne volonté de Saint Siège (et est donc utile sur le chemin de l'œcuménisme), mais que les conditions qu'il pose rende son application concrète presque exclusivement théorique (sauf cas de danger de mort) : on ne peut en effet partager parfaitement la foi catholique en matière sacramentelle et demeurer schismatique (et à plus forte raison hétérodoxe).
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