C'est horrible, Tibère, mais déchristianisation aidante avec toutes ses étapes a rendu la France étrangère à nos clercs. Il y a bien longtemps qu'ils ont fait le deuil de sa rechristianisation, s'en accomodent et sont devenus étrangers à la chose publique.
Enfin, le fait d'avoir été bouté par un Etat laïciste, puis à rebours de toute norme morale, n'aide pas à entretenir une vision plus réaliste de la chose publique. Comment défendre un pays qui, de toute manière, vous rejette et récuse toute idée de surnaturelle ? Le résultat est donc cette vision moralisatrice où la spécificité de l'espace public est niée. Plus le surnaturel est rejeté par la société et les pouvoirs publics, plus le naturel est rejeté par les hommes d'Eglise. C'est une triste réalité. Certes, il s'agit d'une tentative d'explication, mais je cherche à comprendre les difficultés où nous vivons.
Pour eux, la cité reste une collection éphèmère d'individus, sans aucune particularité. Le fait d'être dans la surnature pur n'aide surtout pas à avoir des observations pertinentes. C'est le constat que je fais. Je crois que bien des évêques, voire des prélats plus élevés, sont bien loin de savoir ce qu'est une cité.
Je note que l'Eglise est plus prudente dans des pays où elle est liée à l'histoire nationale. L'Eglise polonaise ou croate semble plus prudente. |