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Un enfant du sérail (épilogue) Imprimer
Auteur : Candidus
Sujet : Un enfant du sérail (épilogue)
Date : 2005-05-15 05:00:28

J'ai laissé passé l'heure de fermeture du sédévacanthon, je dépose donc sur le FC, la troisième et dernière partie du récit de mon odyssée sur la planète sédévacantiste.

Ceux qui voudraient lire les deux premières parties et qui n'auraient pas accès aux pages concernant la discussion sur le sédévacantisme, peuvent, je pense, les demander à XA.

Comme je l’ai expliqué dans mes interventions précédentes, l’Union Pour la Fidélité était extrêmement critique par rapport à la thèse de Cassiciacum. Cette critique s’accentua en 1981, lorsque la consécration épiscopale clandestine du P. Guérard fut rendue publique. Un tract au titre significatif avait alors été publié: « Non à la folie schismatique ! »

D’après les défenseurs de la consécration du P. Guérard, Mgr Ngo-Dinh-Thuc, l’évêque consécrateur, se serait subitement converti à la « Thèse », alors que la veille et le lendemain, il servait la nouvelle messe à la cathédrale de Toulon et qu’il concélébrait le jeudi saint suivant avec l’évêque du diocèse.

Tout, dans la vie scandaleuse de cet évêque, aurait dû rendre cette consécration et celles qui suivirent inacceptables pour ceux qui se réclamaient de la Tradition catholique et du sédévacantisme strict ou mitigé.

Assez rapidement, on assista dans le milieu sédévacantiste à une multiplication de consécrations épiscopales, à tel point qu’on pût se demander s’il n’y aurait bientôt pas plus d’évêques que de prêtres, voire même de fidèles.

Très vite, ceux qui acceptaient la consécration du P. Guérard durent affronter la délicate et redoutable question que posait l’existence d’une multitude d’évêques consacrés par Mgr Ngo-Dinh-Thuc avant et après leur maître.

Une grande partie de ces évêques constituaient une faune particulièrement variée et interlope : des escrocs, des pervers sexuels, des Vieux-Catholiques etc.

Pouvait-on collaborer avec ces évêques ? La réponse était évidente, mais elle entraînait, implicitement, une remise en question de la légitimité (voir même pour certains de la validité) de la consécration du P.Guérard.

Alors, on finassa, on fit des distinctions laborieuses… et, comme il fallait s’y attendre, cela aboutit à des compromissions scandaleuses, notamment aux Etats-Unis avec la secte de Mount St. Michael à Spokane (WA).

Les événements donnaient donc raison à la position qu’avait défendue l’Union Pour la Fidélité concernant les consécrations épiscopales réalisées par Mgr Thuc.

C’est alors que j’appris avec stupéfaction que le P. Barbara (suivi bientôt de l’abbé Delmasure avec lequel il s’était réconcilié) annonçait son ralliement à la thèse de « Mgr » Guérard (décédé entre temps), et son acceptation des consécrations épiscopales thucistes (du moins d’une partie d’entre elles).

Face à un tel « retournement de veste », les bras m’en tombèrent.

Comment après avoir tiré à boulets rouges pendant des années sur la thèse du P. Guérard (« pire que le lefevbrisme ! »), et avoir condamné aussi clairement la multiplication des consécrations épiscopales, comment pouvait-on, avec le même aplomb, nous dire aujourd’hui que tout compte fait, on était à présent d’accord avec les guérardiens ?

Je me sentis floué.

On m’avait répété à longueur d’année que la position de l’UPF n’avait jamais été réfutée parce qu’elle était irréfutable.

De fait, je n’avais jamais pu trouver aucune faille dans les raisonnements implacables du P. Barbara.

Or, désormais, ce même P. Barbara affirmait (non pas qu’il s’était trompé, mais en l’occurrence cela signifiait la même chose) qu’il avait « évolué » et qu’il fallait suivre cette évolution sous peine d’être hérétique !

Le P. Barbara malgré son agilité intellectuelle et sa puissance de raisonnement s’était donc fourvoyé et m’avait fourvoyé. Et je n’y avais vu que du feu !

De ce jour, je perdis à la fois confiance en celui qui avait été mon « maître à penser », et surtout, JE PERDIS CONFIANCE EN MA CAPACITE DE DISTINGUER LA VERITE, du moins en ce qui concerne la crise actuelle de l’Eglise.

Voilà, je suis parvenu à l’épilogue de mon odyssée, et je sais que beaucoup d’entre vous resteront sur leur faim.

« Est-il devenu sainpiediste, ou ecclesiadeiste ? »

Ni l’un ni l’autre.

Sainpiedisme, ecclesiadeisme, et pourquoi pas sédévacantisme, ne sont plus pour moi que des opinions. Elles me paraissent toutes dotées de points forts et de faiblesses sur lesquels je m’exprimerai éventuellement à un autre moment.

Deux de ces opinions sont assurément erronées, mais ne me demandez pas lesquelles, je suis en état d’« apesanteur » par rapport aux trois.

Attention, ne croyez surtout pas que je me complais dans cette « apesanteur » ; non, au contraire, c’est une cause incessante d’inconfort et de douleur.

Voyez ce que cela donne, par exemple, pour la confession :

J’évite absolument la FSSPX (leur théorie sur la « juridiction de suppléance » ne m’inspire aucune confiance) et je m’adresse au clergé catholique de rite oriental (on a l’embarras du choix à Paris) ou à des prêtres « conciliaires » après avoir vérifié leur année d’ordination.

Oui, vous avez bien lu… « après avoir vérifié leur année d’ordination ».

Pourquoi ? Parce que le sédévacantisme a inoculé dans mon esprit un doute sur la validité des nouveaux rites d’ordination, et aussi longtemps que je serai dans cet état d’incertitude par rapport à la crise actuelle de l’Eglise, par tutiorisme je ne veux prendre aucun risque.

Je me suis procuré l’Ordo administratif du diocèse de Paris, où sont inscrites les années d’ordination de tous les prêtres du diocèse, et je ne me confesse qu’à ceux ordonnés avant le 15 août 1968.

Je sais, je sais, tout cela vous paraît ridicule, et d’une certaine manière, ça l’est. Mais je ne peux pas m’empêcher d’agir ainsi. Je suis spirituellement et intellectuellement abîmé ; je prie chaque jour pour ma guérison, mais pour l’instant c’est comme ça…

Il existe un verbe qui me paraît bien exprimer, concrètement, ma position ecclésiale :
je « bricole ».

Priez pour moi, s’il vous plaît, pour que la lumière divine éclaire enfin ma pauvre intelligence.


La discussion

 Un enfant du sérail (épilogue), de Candidus [2005-05-15 05:00:28]
      A Candidus, de Petrus [2005-05-15 05:28:30]
          Tous abimés ! oui Petrus., de Troubadour [2005-05-15 08:31:13]
              Mon cher Troubadour, de Petrus [2005-05-15 11:25:57]
                  Le taureau a la forme !!!, de Troubadour [2005-05-15 15:24:48]
          Réponse à Petrus, de Candidus [2005-05-15 11:54:37]
              Mon cher Candidus, de Petrus [2005-05-15 12:07:00]
                  [réponse], de Candidus [2005-05-15 13:52:41]
                      D'accord sur toute la ligne, cher Candidus !, de Petrus [2005-05-15 15:50:49]
      La plénitude catholique, de NéoAthanase [2005-05-15 10:20:16]
          Mon cher NéoAthanase, de Petrus [2005-05-15 10:36:38]
          Merci, mais ça ne me paraît pas aussi simple..., de Candidus [2005-05-15 12:24:24]
              Simplicité, de NéoAthanase [2005-05-15 14:19:47]
      l'Orient, de Kamate [2005-05-15 10:29:58]
          [réponse], de Candidus [2005-05-15 13:32:19]
              patristique, de Kamate [2005-05-15 13:41:44]