Meneau, vous demandez si le "dialogue" avec Dieu au niveau de la conscience morale a à voir avec le "dialogue" au plan du salut.
La grâce surélève la nature. La lumière surnaturelle appelle elle aussi une réponse de l'homme. Il y un dialogue analogue au niveau surnaturel, qui s'effectue dans les mêmes capacités humaines, donc dans la conscience.
Par ailleurs, pour tout homme blessé par le péché originel il est impossible de suivre profondément sa conscience, dans sa vie morale sans un secours de grâce. L'Eglise enseigne explicitement, pas seulement depuis Vatican II, que pour celui qui ignore malgré lui la Révélation, sa réponse aux indications de sa conscience, qui voudra suivre le chmin du bien, cela vaudra acceptation du salut. Mais cela ne se fait pas sans le secours de la grâce divine.
Voici un texte de Pie IX :
" Tous ceux qui ignorent invinciblement notre sainte religion, qui observent avec fidélité la loi naturelle et les préceptes gravés par Dieu même dans le coeur de tous les hommes qui sont prêts à obéir au Seigneur, qui mènent une vie honnête, peuvent avec le secours de la lumière et de la grâce divines arriver à la vie éternelle car Dieu qui voit, scrute et connaît les esprits, les coeurs, les pensées, les habitudes de tous les humains, ne saurait permettre dans sa bonté et sa clémence que quelqu'un, sans avoir de faute volontaire, soit livré au supplice éternel. Mais il ne faut pas oublier non plus le dogme catholique que personne ne peut être sauvé en dehors de l'Eglise : les contumaces qui résistent à l'autorité et aux définitions de l'Eglise et se séparent par leur mauvaise volonté de l'unité visible et du Pontife Romain, auquel le Sauveur a confié la garde de sa Vigne, seront exclus du royaume des cieux ". Pie IX,Encyclique « Quanto conficiamur mœror »
Il dit ailleurs :
" Or, qui oserait déterminer exactement les limites de cette ignorance en tenant compte de la condition et de l'esprit de chacun, de la différence des peuples et des pays, et d'une foule d'autres causes ? Lorsque délivrés des liens corporels nous verrons Dieu tel qu'il est, nous comprendrons combien est étroite et magnifique l'alliance qui unit la miséricorde et la justice divine... La main de Dieu n'est pas raccourcie ; les dons de la grâce céleste ne manqueront jamais aux hommes qui d'une volonté sincère désirent et demandent la lumière " (alloc. Singulari qua 9 dec 1854 ¬ n°16).
Pie XII, dira, qu'il y a des degrés d'appartenance à l'Eglise, et que ce cheminement vers le salut, hors de la voie "normale" du baptême, implique un certain degré d'appartenance invisible à l'Eglise.
Donc, s'il y a distinction entre exercice moral et surnaturel de la conscience, il n'y a pas séparation, il y a une étroite interdépendance. Ce qui est vrai évidemment aussi pour le baptisé, pour qui la vie de foi et la vie morale sont étroitement interdépendantes.
cordialement
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