je suppose.
Sedes sapientiae n°110, décembre 2009, vient juste de publier une recension (p. 105-115) par Annie Laurent d'un livre du P. Christian Salenson qui, à propos d'élaborations théologiques très hasardeuses du P. de Chergé, énonce pour le rapport christianisme-islam des thèses syncrétistes proches de celles qu'Origénius développe pour la totalité des religions.
Elle note : "le directeur de l'Institut de science et de théologie des religions de Marseille ne dit rien non plus de la Déclaration Dominus Iesus" (p. 110).
Et pour cause, voici ce que cette Déclaration qui représente un guide majeur pour la lecture des textes conciliaires relatifs au dialogue interreligieux et du rapport aux religions non chrétiennes énonce :
"6. Est donc contraire à la foi de l'Église la thèse qui soutient le caractère limité, incomplet et imparfait de la révélation de Jésus-Christ, qui compléterait la révélation présente dans les autres religions. La cause fondamentale de cette assertion est la persuasion que la vérité sur Dieu ne pourrait être ni saisie ni manifestée dans sa totalité et dans sa complétude par aucune religion historique, par le christianisme non plus par conséquent, et ni même par Jésus-Christ." (...)
7. (...) On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi théologale et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la grâce de la vérité révélée, qui « permet de pénétrer le mystère, dont elle favorise une compréhension cohérente »,21 la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'expériences et de réflexions, trésors humains de sagesse et de religiosité, que l'homme dans sa recherche de la vérité a pensé et vécu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu.22
Cette distinction n'est pas toujours présente dans la réflexion actuelle, ce qui provoque souvent l'identification entre la foi théologale, qui est l'accueil de la vérité révélée par le Dieu Un et Trine, et la croyance dans les autres religions, qui est une expérience religieuse encore à la recherche de la vérité absolue, et encore privée de l'assentiment à Dieu qui se révèle. C'est là l'un des motifs qui tendent à réduire, voire même à annuler, les différences entre le christianisme et les autres religions."
Pourriez-vous, cher Turlure, reprendre vos "quelques réflexions", sérieusement cette fois, à la lumière du Magistère et vous assurer qu'elles ne sont pas "contraires à la foi de l'Église" ?
La lecture de Dominus Iesus s'impose de plus en plus.
|