...et autres Chouans étaient ceux qui, dès l'époque de la Révolution française, avaient en fait le mieux compris l'essence de la patrie. Eux défendaient vraiment l'héritage de leurs ancêtres catholiques, alors que beaucoup d'autres se faisaient, hélas, trouer la peau pour des mobiles étrangers à la fois au bien commun et à la religion.
A ce propos, j'ai lu quelques ouvrages consacrés au curé d'Ars qui, comme vous le savez sans doute, chère Thérèse, fut un déserteur de l'armée de Napoléon. Bon, c'est entendu, il n'y avait eu de sa part aucun plan préconçu : n'ayant pas réussi à rejoindre à temps son régiment, il fut entraîné par un authentique déserteur dans un hameau isolé et là, confié aux bons soins d'une brave personne qui s'en occupa comme si c'était son propre fils.
Mais il n'empêche, ce que j'ai toujours trouvé remarquable, c'est que celui qui était entre-temps devenu le curé d'Ars, n'ait apparemment jamais manifesté le moindre regret pour sa désertion prolongée, alors qu'il avait la conscience délicate au point de s'accuser d'avoir pris une pomme d'un arbre à une époque où il mourait de faim...
Ayant lu également le livre du professeur de Viguerie, je me pose les mêmes questions que vous. Le colonel Argoud écrivait : "je ne suis plus qu'un Français administratif". En tout cas, je plains les militaires de carrière qui ont de moins en moins souvent l'occasion de se dévouer pour des causes justes comme les paras à Kolwezi, et qu'on envoie, comme lors du premier conflit avec l'Irak, défendre des pays où ils n'ont même pas toujours le droit d'assister à la messe dominicale...
V.
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