1. Sans me faire trop d'illusions, je copie ici la présentation d'un ouvrage dédié au colonel Rémy:
Curieux destin que celui du Vannetais Gilbert Renault, que l’on retrouve successivement dans la banque puis dans l’exploitation de forêts en Afrique avant qu’il ne se lance, en 1936, dans la production cinématographique. Refusant l’occupation allemande dés le 18 juin 1940, il prend la décision de quitter sa famille pour rejoindre Londres et le Général de Gaulle devenant l’un des premiers agents secrets de la France Libre. Incroyable destin que celui du futur colonel Rémy à l’origine du fabuleux réseau de résistance la Confrérie Notre-Dame, qui couvrait toute la zone occupée. Devenu après la guerre un écrivain célèbre et prolixe (près de cent livres), il montra un grand talent de conteur et plusieurs de ses ouvrages inspirèrent le cinéma. Toujours passionné, il eut par la suite plusieurs motifs de s’opposer à de Gaulle, sur la défense des officiers français en Algérie et sur l’attitude par rapport au maréchal Pétain, et préféra s’éloigner quelque temps au Portugal.
Il restera fidèle à ses convictions, esprit libre et lutteur infatigable, amoureux de la justice et de la patrie, fervent défenseur des réprouvés. De Gaulle reconnaîtra tout de même que « Notre Rémy fut des premiers car il est des meilleurs ».
2. Faut-il relever que ce grand chrétien, de formation maurrassienne, a cru que son devoir était, en 1940, d'entrer dans la Résistance, et de suivre "la fripouille" ? Et sera-t-il permis de noter que le Général, malgré leurs désaccords postérieurs, en reconnut la grandeur (comme il le fera pour la maréchal Juin, prescrivant des obsèques nationales, nonobstant l'opposition de celui-ci à sa politique algérienne) ?
3. On peut comprendre, jusqu'à un certain point, l'exaspération de certains vis-à-vis du "politiquement correct" et du "théologiquement correct". Mais ces justes répugnances ne donnent pas le droit, soixante ans après les événements, de liquider, par le biais de slogans aussi réducteurs que ceux qui circulent sur les grands médias, la mémoire de ceux qui ont payé de leur personne, ou donné leur vie, pour la France, et qui eurent conscience de le faire en chrétiens, non sans le soutien d'un directeur spirituel. Il y en avait aussi en faveur de l'autre parti, comme l'Amiral Auphan, me dira-t-on ? Certes ! Et c'est bien cela qui devrait inciter les moins de quarante ans de ce forum, confortablement installés derrière leur ordinateur, et fils, quoi qu'ils en aient, du monde apparu en 1944-1945, à écouter les raisons des uns et des autres, et surtout à respecter ceux qui, dans les deux camps, ont voulu agir en catholiques. Autrement, il ne faut pas vous étonner que d'aucuns rejettent vos revendications liturgiques en vous identifiant à un groupe socio-idéologique irréductible et impénétrable.
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