Je prends connaissance du post de notre cher LOUIS HUBERT ainsi que de ceux de PETRUS sur l'infaillibilité de l'Eglise. On ne répétera jamais assez que le pape et l'Eglise ne jouissent pas de la même infaillibilité.
Reprenons ENCORE ET TOUJOURS Vatican I , et par le bon bout de la lorgnette SVP.
1/ CONSTITUTION DOGMATIQUE "DEI FILIUS", chapitre 3, paragraphe 4 (en latin):
Porro fide divina et catholica ea credenda sunt, quae in verbo Dei scripto vel tradito continentur et ab Ecclesia sive solemni judicio sive ordinario et universali magisteriotanquam divinitus revelata credenda proponuntur (Denzinger, 1792);
en français(traduction Dumeige), cela donne:
" De plus, on doit croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l'Eglise propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel."
Ce paragraphe traite de l'objet de la foi. Il faut comprendre ici que l'objet matériel de la foi est " tout ce que l'Eglise nous demande de croire par la voix de son magistère, et qui ne se réduit pas aux seuls articles de la foi formellement définis mais s'étend aussi à tout ce que l'Eglise enseignante dispersée prêche et enseigne d'un consentement unanime comme divinement révélé." J.P.Torrell (La théologie de l'Episcopat au premier concile du Vatican) précise que "dans une première rédaction de ce paragraphe, il n'était question que d'un ordinarium magisterium. Le mot universale fut ajouté pour éviter pour éviter à d'autres la méprise faite par l'évêque de La Havane qui voulait voir dans ce magistère ordinaire celui du pape."
2/ Tout le monde connaît- assez? serait-on tenté de se demander- la constitution dogmatique PASTOR AETERNUS qui contient la fameuse définition de l'infaillibilité pontificale, laquelle, c'est Etilène qui nous le rappelle, s'exerce à certaines conditions: lorsque le pape parle ex cathedra et qu'il définit une doctrine sur la foi ou les moeurs ( cf. Denzinger, 1839). Il n'est pas question ici du magistère ordinaire, ni du magistère ordinaire et universel. On sait que Vacant, évoqué par L.H.Rémy, fut un des initiateurs du mouvement théologique assez important et influent qui tend à accorder l'infaillibilité au magistère ordinaire du pape (in Le magistère ordinaire de l'Eglise et ses organes, 1887). Le problème, je le répète, en m'appuyant sur Torrelli, c'est qu'aucun texte de Vatican I ne proclame l'infaillibilité du magistère ordinaire, contrairement au magistère extraordinaire ou solennel.
3/ Vatican II, dans la constitution dogmatique LUMEN GENTIUM, insiste sur les rapports existant entre les évêques, successeurs des apôtres, et le pape, successeur de Pierre, dégageant ainsi une théologie de l'épiscopat. Et il serait vain de chercher ici une quelconque infaillibilité du collège épiscopal (cf. Dumeige, 510/18).
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