Il y a de quoi débattre... J'y reviendrai.
Quelques remarques:
_ comme dans toute période de crise, il existe un moment où le Magistère ne s'est pas encore prononcé, où certaines propositions ont encore un caractère hasardeux et incertain. Ces moments sont plus fréquents qu'on ne le croit dans l'histoire de l'Eglise. Si des textes sont ambigus, mieux vaut mettre cette ambiguïté sur le compte de leur imperfection (il y beaucoup de domaines où la réflexion de l'Eglise ne fait que commencer: je pense à l'ecclésiologie...);
_ le principe de non contradiction est une fausse bonne solution: Vatican II pose problème, car précisément des affirmations antérieures d'au moins quelques décennies, voire même de quelques années, à ce concile semblent se contredire. Mais quelle doit être la période de référence utilisable pour que l'on applique le principe de non contradiction ? Que se passe-t-il lorsque des propositions éloignées de plusieurs siècles se contredisent, et que les propositions en question sont toutes deux anté-conciliaires ? Je pense à la comparaison entre une lettre de du Saint-Office de 1949 et la proposition d'un concile médiéval selon lequel il n'y avait pas de salut possible hors des limites visibles de l'Eglise ? Ne devrait-on pas admettre qu'un développement est possible ? Là où la contradiction semble vraiment insurmontable, ne faut-il pas s'en remettre à des éclaircissements ultérieurs ?
_ dernier point: ce n'est pas la première fois qu'un corps de doctrine, qu'un enseignement se confonde avec une mentalité donnée: le dernier concile n'y échappe pas. Essayons de dissocier le donné mental des trentes glorieuses (pour pouvoir comprendre la crise conciliaire, il est impossible d'ignorer les bouleversements de l'après-guerre) d'un authentique mouvement d'approfondissement. Encore une fois, les acteurs, immédiats ou non, ne sont pas forcément les bons interprètes.