Vous oubliez de préciser que le cardinal Ottaviani était aveugle et parlait de mémoire. Vous omettez d'autres détails du même genre. Lui couper le son fut d'ailleurs un acte que tous les Pères présents ressentirent comme un geste hautement symbolique. La chose n'échappa pas au cardinal, lequel ne put retenir quelques larmes. Les jeunes idéologues parmi les Pères, quant à eux, rirent et applaudirent.
Attendez, je vais vous répéter la chose dans toute son horreur : des Évêques de la sainte Église, tels de vulgaires jeunes loups, se gaussèrent de voir un vieillard humilié. Méditez bien ce haut-fait du merveilleux Concile.
Une jeune journaliste suédoise - Gunnel Vallquist, aujourd'hui octogénaire et membre de l'Académie suédoise -, très proche des progressistes, assista au Concile. Son journal donne tous les détails que vous omettez. Ce n'est guère édifiant, croyez-moi. En comparaison, votre version de l'histoire passe parfaitement à côté de l'essentiel tel que tout le monde le vécut ce jour là.
Petite erreur pour terminer : le cardinal ne parla pas plus du double du temps accordé. Loin s'en fallut. Revoyez vos sources. |