Bon on ne va pas y passer la soirée, et puis n'avons-nous pas l'éternité devant nous alors ménageons nos forces.
Adversaire, adversaire, est-ce j'ai une gueule d'adversaire. Que neni ( oh excusez-moi du vieux français cela m'a échappé, tout mon côté tradit, décidément, c'est tout moi, j'aime trop ma panoplie )
Non, non je n'ai jamais eu d'adversaire, je n'ai jamais su tenir un fusil de ma vie et en plus j'ai toujours refusé.
Vous vous trompez totalement , n'étant pas un homme politique je dis ce que je pense aprés avoir pensé ce que j'allais dire.
Nous avons donc dit, enfin j'ai dit, la Tradition c'est l'avenir. Il y a quand même quelque chose de curieux quand je parle des faits on me dit que ce n'est pas ça et si je ne donne pas de faits on me reproche de ne pas pouvoir me comprendre. Âïe dur dur...
C'est simple, toute les vérités sont simples.
La tradition dont je me réfère est le fruit d'un ensemble d'évolutions issues d'habitudes ou usages locaux qui un moment donné a été fixée et donnée pour être reçue par la chrétienté, enfin la catholicité.
Comme je l'ai déjà dit je n'interprète pas le rite dit de saint Pie V comme ce qui a toujours été fait, et j'ai même attiré l'attention sur ce type de raisonnement qui est anachronique et hasardeux, c'est ce que j'ai voulu résumer, mais bon vous avez eu du mal, c'est pas grave.
Je ne dis pas que tout le mal vient de Vatican II.
Je constate, témoin impuissant et bien plus piètre acteur que certainement vous même, je constate que :
1) L'application brutale de Vatican II dans la liturgie et la formulation de la foi catholique a été une catastrophe au moins dans les lieux qui étaitent les miens dans l'immédiat aprés concile (j'étais alors tout jeune étudiant à Villeurbanne vous dire que la transition avec mes montagnes fut rude) En quelques années j'ai vu les églises se vider, et j'ai dû m'accrocher par moment. Ce qui était le plus choquant était la désinvolture des célébrations liturgiques, le mépris avec lequel on était reçu pour demander la poursuite de l'adoration au Saint Sacrement et tutti quanti ( Pas de panique on cause pas latin ici...)
2) Je ne peux dire que le beau soit une valeur des plus appréciée aujourd'hui, je peux vous confier que les gens sont las d'être agressés par ce qui les entoure dans leur univers quotidien. Vous savez aussi bien que moi que la façon dont est organisée ( pardon imposée ) leur vie rend plus malheureux qu'épanoui.
3) Je soutiens à la faible lueur de ce que je viens de dire que la liturgie traditionnelle par sa beauté permet de remettre l'Homme dans un cheminement qui l'appelle à plus grand par ce qu'il est porteur d'un dépassement que le monde étrouffe. Je soutiens que la liturgie dans ce qu'elle a de traditionnelle permet à l' Homme, au croyant, de se repérer alors qu'il sans cesse aspiré, détruit, par le changement permanent. C'est tout, c'est simple.
Le laid n'est certainement un fruit volontaire ni même soupçonné par Vatican II, mais permettez-moi de citer ce fait, vous qui n'aimez pas les faits, ou pour le moins leur accumulation, le fait tiré du fameux ouvrage " L'Eglise et l'art d'avant-garde " signé par Gilbert Brownstone, Mgr. Albert Rouet, préface de Mgr. Gilbert Louis. Le fait est une citation de Mgr. A. Rouet : " Dieu n'est pas là pour combler nos attentes mais comme un question qui saigne" et en commentant une oeuvre de Kiki Smith celle-ci présente " la chair à l'état brut, objet étalé chose inerte" La chaire " chose " inerte!!! Un évêque de l'aprés-concile l'écrit ! La chaire, chose inerte... l'oeuvre d'art est un cadavre positionné comme dans un tableau d'Ingres et l'évêque d'ajouter: " C'est le corps d'un laissé-pour compte qui subit une mort sociale".
La mort, la violence, le chomage, les crédits, les échecs, les déceptions mais aussi les illusions, les franfreluches, les paillettes, les rêves qui se transforment en cauchemar je connais c'est la litanie ( en français parfois en d'autres langues aussi...) que j'entends en consultation à longueur de journée moi qui exerce dans une ancienne ville industrielle qui ne se relève pas.
Or que veut dire mon Eglise au monde? " La chair...chose inerte? Même si il s'agit de dénoncer l'utilisation du corps comme objet ne pensez-vous pas qu'il y a un autre langage que celui du morbide pour dire quelque chose à notre Monde. Le morbide nous le vivons.
C'est pour cette raison que la Tradition est pour moi cette ouverture à l'autre par le beau, cette ouverture à Dieu par la liturgie respectueuse ce qui me permet de mieux saisir le respect dû à l'autre et au tout Autre, et cette ouverture à l'unversalité par une langue cultuelle commune que tous peuvent partager quelque soit la couleur de leur peau où leur continent d'origine.
Banaliser la liturgie ce n'est pas se rapprocher des Hommes, c'est refuser de leur montrer leur véritable nature et leur barrer sans doute la route vers Dieu.
Pas plus que la chair est chose inerte la liturgie n'est une chose morte, la mort c'est la démission, l'espérance est dans la vie, et la Tradition m'apporte la vie que je dois faire partager.
Inutile, cher ami de lire ce message trois fois, il est simple pour celui qui veut comprendre, pour les autres je m'en remets à Dieu. |