On pourrait cela dit peut-être jouer sur les mots en disant que le mal peut être voulu en tant qu'il est mal, et que c'est précisément sa malice objectivement perçue qui fait sa bonté apparente. Un méchant individu pourrait par exemple vouloir tuer quelqu'un pour faire le mal. Il accomplirait alors le mal pour le mal, mais il faudrait cependant observer que, ce faisant, il y voit un bien : faire le mal lui apparaîtrait comme un bien dans la mesure où cela lui procurerait une certaine jouissance morbide. Comme vous le voyez, même en faisant le mal "pour le mal", comme on le dit familièrement, une personne ne peut jamais faire le mal pour le mal que parce que cette malice dont elle fait le ressort et le motif de son agir se présente à elle sub aliqua ratione boni, qui peut être comme je le disais le désir d'une jouissance perverse.
S. M. |