Cher Monsieur, l'arrogance provient toujours d'une réaction. Le mal que nous commettons est souvent la réaction à un mal que nous subissons. Je lis sur ce forum, régulièrement, que le missel de 1969 est mauvais. Je ne juge pas les tradis (et d'abord "les tradis" ça recouvre des réalités fort différentes). Mais je suis pris dans une situation de conflit qui m'est très désagréable, et dans laquelle je constate que, aller visiter le camp d'en face c'est s'exposer à prendre des coups. D'ailleurs, lisez plus haut : je dis que je vais à la messe célébrée selon le missel de 1969 (traduit en français dans la version approuvée par la conférence épiscopale...), et on me rétorque "allez vous vraiment à la messe". C'est CELA qui est pour moi, dans ce débat, insupportable. Parce que je n'ai jamais remis en cause l'idée que ceux qui assistent à des messes 1962 aillent vraiment à la messe. Parce que, catholique, j'ai du mal à supporter que quelqu'un quoi se dit aussi catholqiue remette en doute le FAIT que j'ai reçu le corps de mon Sauveur lors de la messe célébrée par l'Eglise.
Sur ma position par rapport au missel de 1969, je la répète, au risque, comme beaucoup ici, de ne jamais rien dire de nouveau : - pour moi, le missel de 1570 (ou 1962) et celui de 1969 sont équivalamment beaux, valides, et orthodoxes; l'un et l'autre comportent des défauts; aucun des deux n'est indépassable. - je crois que Rome a fait une erreur (même si elle avait le droit de la commettre) en imposant aussi brutalement la suppression du missel de 1962; mais Rome a réédité en la matière ce qu'a fait S. Pie V en 1570, en imposant un missel. Aspect pervers de la centralisation romaine croissante, qui en l'occurrence a, hélas, blessé de nombreux fidèles. - mais je crois enfin que la constante remise en cause théologique du missel de 1969 par certains traditionnalistes, remise en cause dont les fondements me paraissent toujours (à titre personnel) bien faibles, cette remise en cause n'a pas favorisé l'entente.
Et, si vous vous sentez en permanence blessé par les "intégristes Paul VI", et bien, soyez certain qu'il reste quelques intégristes Paul VI dans mon genre qui ne se consolent pas de cette division, et que vos arguments, sans les convaincre, peuvent encore blesser. D'où une réaction un peu excessive dont, si elle vous a atteint, je vous demande pardon.
Dominique Degoul
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