| Auteur : Bertrand Décaillet (62.167.205.xxx) |
| Sujet : Je vous rejoins ... |
| Date : 2002-08-10 17:04:23 |
Plusieurs choses à propos de ce fil de discussion :
D'abord, ce que je dis ici, je le dis avec des pincettes, et sans la moindre arrogance à l'égard d'un évêque qui, dans la situation actuelle qui consomme leur martyre, est de ceux qui méritent le plus grand respect et reconnaissance (c'est en tout cas une réserve que je veux pleinement mienne!)
Sur la forme d'abord :[B]
- D'accord avec vous sur l'opportunité de publier un sermon somme toute assez peu intéressant quant au contenu (ni très pertinent, ni très édifiant), mais venant d'un évêque et prononcé aux ordinations. Par ma part, j'étais aux ordinations, et pour ces deux raisons qui en font un sermon "important", je dis deux fois dommage!
- A la décharge du BTAG qui fait un travail admirable: son envoi fait suite à une autre publication internet : Texte diffusé sur internet par "De Rome et d'ailleurs" - repris ici avec l'autorisation de l'abbé Puga, du séminaire d'Ecône." Personnellement, je trouve aussi que cette publication, en l'occurrence, était inutile.
[B]Sur le fond :
- "Les citations tronquées" ...de leur contexte, voire les citations reconstituées... honorent rarement l'intelligence, et sont inévitablement des caricatures. A ce propos, et sans remettre en cause le fond du combat de la FSSPX, évidemment, il y a certainement des choses à redire sur la manière de forcer le trait qui est une tentation récurrente dans l'abondante (trop abondante?) publication de la dite Fraternité, et souvent d'ailleurs par de tous petits "caporaux"... Et Le Cal Hoyos n'a certainement pas tort lorsque, après avoir relevé certaines outrances officieuses mais néanmoins écrites, il dit ceci : "...La critique, cependant, demande une compréhension authentique de la pensée d'autrui... (citation ... tronquée...hm.., tirée de la LETTRE DU CAL HOYOS à MGR FELLAY. Il est en effet toujours très facile de caricaturer ses détracteurs pour ensuite s'économiser l'effort d'argumenter véritablement. Or ce qui est fort dommage, en l'occurrence, c'est que la FSSPX a plus que les moyens d'argumenter en profondeur!!! Pourquoi diable éprouve-t-elle alors le besoin de ce type de raccourcis? Le même raccourcis est pratiqué à propos de Campos... Pourquoi? Mystère... et déception aussi.
Pour ma part j'ajouterais ensuite - puisque le ton est à la confidence -que cette citation m'a semblé tout à fait anecdotique par rapport à l'ensemble du sermon qui faisait un certain protrait du modernisme et les réponses à ce portrait peu nuancé de la "nouvelle religion". Mais qu'en est-il de la réalité? C'est la raison de ce petit débat ici précisément... Il est dès lors assez simple de faire une critique consensuelle "entre soi"..., sauf que justement, à moins que l'on soit a priori acquis, c'est en amont de la critique que manquerait dès lors le "consensus". On peut ainsi se demander pourquoi, pour qui, un tel sermon? Pour attiser des débats internes... certainement.
D'une manière plus large, et sans aller plus loin dans une appréciation qui, encore une fois ne remet nullement en cause le débat de fond, il me semble qu'il est tout à fait inutile, voire nuisible, à la juste cause que l'on défend d'en venir à caricaturer, voire forcer le trait, voire même déformer ne serait-ce que légèrement... la position de son adversaire afin d'en mieux assurer l'étape critique suivante. L'exemple, ici même de jm.com est à cet effet des plus parlants. De plus, cela conduit à (et est peut-être même induit par) une auto-célébration dangeureuse, la dite critique ne regardant pas tant l'objet critiqué que la "légitimité" de celui qui critique, et n'ayant en fin de compte d'autre pertinence que celle de conforter ses positions et "célébrer" ses justes positions, voire ses mérites (qui mesurera la distance souvent réduite qu'il peut y avoir entre la juste louange du message et celle, injuste ou du moins vaine, du messager?)
Ce besoin - que l'on comprend certes étant donné l'apre situation - est certainement très mauvais cependant pour la FSSPX elle-même et aussi pour sa nécessaire (vitale!) action au sein de l'Eglise : c'est un fait observable que le militantisme frondeur et auto-célébrant ne construit rien en profondeur, et encore moins dans l'ordre surnaturel, et c'est un fait dont la FSSPX elle-même peut à ce jour tirer quelques leçons d'expérience.
Pour nous, laïcs, nous n'avons pas à répondre plus que tant des choix du clergé, mais il est vrai que nous devons bien donner notre confiance à celui-ci et notre confiance aussi est émoussée. Aussi, nous ne voudrions plus la donner que là où les signes manifestes du surnaturels sont avancés clairement. Mais peut-être n'est-ce là qu'un doux rêve... Dans cette perspective pourtant, j'ai personnellement pleinement confiance à l'attitude de Mgr Fellay, qui à la fois est en alerte face à une réalité (romaine au autre) qu'il convient de jauger au jour le jour et avec une disponibilité qui est un réel martyre -"si le Pape m'appelle, je cours , et à la foi reste ferme sur les principes, en affirmant clairement que la diplomatie, les "déclarations", la politique, les prises de positions (même internes à la Fraternité!!!)... ne doivent intervenir que très loin derrière la Foi en Jésus-Christ et la confiance surnaturelle aux promesses qu'Il a faites à son Eglise.
Notre confiance est établie sur les hommes qui mettront en avant cela, quels qu'ils soient; et puissions-nous seulement nous-même rester fidèle à une telle résolution !
Mais c'est l'épître de demain :
Frères, la confiance qui nous possède, c'est par Jésus-Christ que nous l'avons devant Dieu. Non que nous soyons capables de méditer quoi que ce soit nous-mêmes, comme venant de nous-mêmes: c'est Dieu qui nous a qualifiés pour être les ministres de la nouvelle alliance, non celle de la lettre, mais celle de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie. [I]
Et puis suivra dans l'évangile cette délicieuse question qui est proprement et quitidiennement nôtre : [I] Magister, quid faciendo vitam aeternam possidebo? - Maître, que ferai-je pour posséder la vie éternelle... et Notre-Seigneur répondra : [I]... Homo quidam descendebat ab Jerusalem in Jericho...
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