A lire : le brulot de Pierre jourde, La littérature sans estomac ( livre qui marche très bien) : " Phillipe Sollers, après avoir adopté diverses postures politiques et esthétiques, s'est institué spécialiste de la défense des libertés.. On le voit depuis des années ferrailler contre la censure, guerroyer contre le conformisme bourgeois, brandir l'étendard de la liberté sexuelle menacée. La défense de cette cause explique sans doute son autre marotte, historique celle-ci, et qu'il ne cesse d'agiter : la défense du joyeux et libertin XVIIIeme siècle contre le chagrin et moralisant XiXeme siècle... Il n'est guère de dictatures qui ne se réclament de la démocratie et de la liberté. Conformément aux vieux principes des pouvoirs totalitaires, qu'il a en d'autres temps ardamment défendus, Philippe Sollers pourfend de fantomatiques ennemis extérieurs ( manque de liberté d'expression, de liberté sexuelle) pour mieux faire oublier la tyrannie que lui et son clan exercent sur une bonne partie du monde littéraire. ils ont réussi à faire du Monde des Livres l'organe officiel de leur parti. Sous couvert de liberté , ils continuent à pratiquer, sous d'autres formes, plus subtiles, l'intolérance et l'esprit d'anathème qui fleurissaient à l'époque de Tel Quel, du gauchisme, et de la révolution. Les anciens révolutionnaires, dont on ne mesurait pas toujours le sectarisme, exercent à présent le pouvoir à l'université ou dans l'édition, avec une poigne dictatoriale. On voit ainsi un puissant comme sollers se poser en ennemi de l'ordre établi et de l'oppression avec le cynisme tranquille du vieil apparatchik qui connaît sa langue de bois " (p.40; à lire en entier ) |