Permettez moi de citer un texte de Tocqueville, tiré de L'Ancien régime et la Révolution, qui donne une idée de ce "libertinage" :
" Les hommes du XVIIIeme siècle ne connaissaient guère cette espèce de passion du bien-être qui est comme la mère de la servitude, passion molle et pourtant tenace et inaltérable, qui se mêle volontiers et pour ainsi dire s'entrelace à, plusieurs vertus privées, à l'amour de la famille, à la régularité des moeurs, au respect des croyances religieuses, et même à la pratique tiède et assidu du culte établi, qui permet l'honnêteté et défend l'héroïsme, et excelle à faire des hommes rangés et de lâches citoyens. ils étaient meilleurs et pires.
les français d'alors aimaient la joie et adoraient le plaisir; ils étaient peut-être plus déréglés dans leurs habitudes et plus désordonnés dans leurs passions et dans leurs idées que ceux d'aujourd'hui; mais ils ignoraient ce sensualisme tempéré et décent que voyons. Dans les hautes classes, on s'occupait bien plus à orner sa vie qu'à la rendre commode, à s'illustrer qu'à s'enrichir. dans les moyennes classes, on ne se laissait jamais absorber tout entier dans la recherche du bien-être; souvent on en abandonnait la poursuite pour courir auprès de jouissances plus délicates et plus hautes; partout on plaçait, en dehors de l'argent quelque autre bien. Il faut bien se garder d'évaluer la bassesse des hommes par le degré de leur soumission envers le souverain pouvoir : ce serait se servir d'une fausse mesure. Quelque soumis que fussent les hommes de l'ancien régime aux volontés du roi, il y avait une sorte d'obéissance qui leur était inconnue : ils ne savaient pas ce que c'était que de se plier sous un pouvoir illégitime ou contesté , qu'on honore peu, que souvent on méprise, mais qu'on subit volontiers parce qu'il sert ou peut nuire. Cette forme dégradante de la servitude leur fut toujours étrangère ".
Edifiant, non ?
Pour revenir à la comédienne, je dirais qu'elle et beaucoup de ses congénères sont de fausses libérées, qui n'ont rien à dire et surout rien à offrir. Voilà bien les purs produits de notre époque si ennuyeuse.
Cordialement