Petite anecdote : je suis tombé il y a peu sur un film qui raconte la cavalcade d’un couple de jeunes déjantés, rebelles et tout et tout, genre bonnie and Clyde sur les routes de France. Un moment ce couple de bandits décide de se marier. On les découvre en jean, un peu destroy, le sourire en coin, devant le prêtre contristé. Celui-ci lance d’un ton las au moment de l’échange des bagues qui fait presque se poiler de rire ce couple sans foi ni loi : « - Je vous déclare uni par les liens du mariage. Je n’ai pas dit les liens sacrés du mariage, ma conscience m’y interdit » Le jeune rebelle rétorque en se marrant : « C’est pas grave » et là on voit le couple qui s’embrasse follement, fonce vers la sortie, s’engouffre dans leur guinde cabossée et là, dans un crissement étourdissant des pneus, symbole de la fureur de vivre, s’en vont vers de nouvelles aventures palpitantes. Bravo les jeunes.
Le comique dans l’histoire, c’est que j’ai connu l’actrice qui joue dans ce film. Ca remonte à mon Deug à Nanterre. C’était une théâtreuse qui, comme toute comédienne qui se respecte, est libérée et torride devant les caméras ou sur scène mais honorable et digne dans la vie. D’où soit dit en passant leur exécration des idées de Le Pen, leurs slogans socialistes, leurs revendications libertaires qui ne conduisent jamais au vrai libertinage. Y a pas plus froidasse que la comédienne. Il me souvient d’un après-midi qu’on avait passé chez moi. Ecartelé entre le Vice et la Vertu, j’écoutais distraitement le flot d’inepties qu’elle débitait à propos du théâtre, de ses scènes et auditions, ourdissant une approche qui fût digne de moi. Peu à peu pourtant une évidence s’imposait à moi, qui, mêlée à ma haine du péché, devait avoir raison de mes funestes intentions : « Elle ne me mérite pas » que je me répetais. Mais le pire vint plus tard lorsque, interrogée par moi sur l’alliance qu’elle portait au doigt, elle me répondit d’un ton empreint de solennité : « Je suis mariée avec le théâtre » !!!
Cet après-midi fut le dernier que je passai en sa compagnie. Je ne l’ai plus jamais revue. S’est-elle mariée ? Dieu seul le sait.
Le beau gosse,
pour qui c'est Nelly ou personne.