c'est l'apologie de la bite molle : attouchements délicats, pratique du baise-main, préliminaires interminables, offusquation devant les habitudes grossières. Le fond de ma nature me porte aux ébats torrides, absolument incompatibles avec la foi chrétienne. Si je discute avec une jeune fille sur les bancs du Luxembourg, hormis dans mes périodes niaises, je me sens rapidement envahi par un écrasant ennui. Quel que soit le sujet de conversation, la foi, la littérature.. une seule chose importe pour moi : aller au réjouissant. Mais ceci, en vertu de ma nature, laisse présager des scènes plus que chaudes que désapprouvent le chrétien en moi. Car il n’est pas question, si je mets en branle la machine, de contrefaire avec cette jeune fille les manières distinguées du gentleman pour m’ennoblir à mes propres yeux. Non, dans ces situations, c’est le chacal en moi qui doit s’exprimer, qui a toute latitude pour manœuvrer à sa guise. La respectabilité de la jeune fille m’indiffère alors totalement : y a plus de demi-mesure possible. C’est le carnage assuré. Dans ces conditions, peut-on concilier ces démonstrations de virilité, cette trivialité farouche avec la foi catholique ? Ma réponse est définitivement NON. Il s’agit alors de ce délivrer de ce joug, avec l’aide de Notre Seigneur. D’aucuns me parlent du mariage avec une bonne chrétienne. J’y ai songé. Et je dois dire que leur piété sincère, leur voix dont j’accueille la douceur avec gratitude occasionnent beaucoup de mes attendrissements. Mais je discerne dans leur voix, au cours des chants surtout, une sensualité diffuse, réprimée qui, couplée à mon propre fond, pourrait provoquer quelques gros dérapages, dégénérer même en furie érotique. Ne voulant compromettre son avenir, ni le mien, il m’est impossible de recourir à la solution du mariage avec une authentique chrétienne. En conséquence j’ai opté pour la solitude, héroïque ou commode selon les interprétations.