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Qu'on cesse de me rebattre les oreilles avec l'Amour! Imprimer
Auteur : SOMBREVAL
Sujet : Qu'on cesse de me rebattre les oreilles avec l'Amour!
Date : 2002-02-06 11:00:22

et qu'on cesse de me citer en permanence sainte Thérèse pour m'inciter à la démission ou me convertir à la niaiserie. Voici justement un texte brillant de l'abbé Laguérie qui remet les choses à leur place :
" A lire un peu partout ce qu’on produit sur la religion catholique, on pourrait sérieusement se demander s’il y a encore une doctrine. Chacun y va de ses appréciations, jugements ou interprétations, et finalement roucoulades, le tout noyé dans le magma informe et visqueux de l’Amour. C’est d’ailleurs tout ce qui reste généralement de 20 siècles de magistère, de théologie, de philosophie chrétienne, de tout ce corps impressionnant de doctrine, dont la cohérence, l’articulation, l’unité spirituelle et vitale sont proprement époustouflantes à qui les a quelque peu pénétrées. L’Amour ! Parlons-en. « Ce monstre dévorant, glapissant et rugissant », aurait dit Baudelaire a tout avalé et digéré. Il n’a même plus de bouche pour mastiquer : il est lui-même devenu la graisse, la glue, la poisse qu’il a accumulées en monceaux. Ce spectacle répugnant, de lipides amoncelés, figés et froids qu’est devenue la doctrine catholique, a signé la mort de toute intelligence chrétienne et à part quelques contorsions sociologiques et quelques convulsions psychologiques : circulez, il n’y a plus rien à comprendre. Le XVIIIème siècle avait réduit le catholicisme à une vaste superstition, devenue synonyme de religion. Le XXème siècle finissant a fait beaucoup mieux : il nous dissout dans l’Amour. C’est redoutable ; car on pouvait facilement contester la superstition avec un brin d’apologétique. Mais qui osera contester l’amour… un être certainement abominable et haineux, disqualifié d’entrée. Il faut revenir aux Grecs. Ils ne connaissaient pas l’amour et ils avaient raison. Sur un homme normal, seule la vérité a prise. L’Amour restera toujours du vécu, de l’individuel, de l’expérimental. On peut toujours exhorter à la forme divine de l’amour, la charité : reste que le meilleur moyen d’y parvenir est la connaissance de Dieu. Quand meurt l’intelligence – et voilà si longtemps qu’elle est en péril de le faire – l’amour va nécessairement se réfugier dans sa forme animale… L’amour ! Parlons-en. Ce monstre dévorant, glapissant et rugissant a tout avalé et digéré. Un siècle qui n’a plus de philosophes et de théologiens – fût-il brillant comme le XVIIe français emmène la civilisation à la ruine. A cet égard le XXe avait bien commencé ; quand les Maritain, Garrigou, Billot, Gilson et De Corte repensaient la modernité en philosophie aristotélicienne. Si ce formidable effort, créé par les papes Léon XIII et saint Pie X n’avait pas été brisé par eux aussi, (par Pie XI et les successeurs personnalistes de Pie XII), le ridicule intellectuel pourrait encore tuer et l’insolence du néant n’aurait pas tant de suppôts. Deux sources seulement peuvent alimenter l’homme par le haut : le surnaturel et la métaphysique. Et pas l’un sans l’autre. Le refus de l’un détruit l’autre très vite et de fond en comble. La métaphysique en Descartes s’est coupée du surnaturel : elle y a péri. En Luther, le surnaturel s’est séparé de la métaphysique : il en est mort. La théologie actuelle est devenue simplement hérétique pour s’être coupée de ses racines métaphysiques. Ce n’est pas un badigeon de piété qui la rendra orthodoxe. Il faudra recréer des bastions de métaphysique thomiste, non pas poussiéreux et répétiteurs, mais qui osent la création aristotélicienne… bref des écoles de pensées et non pas des conservatoires. La philosophie, vraie ou fausse, s’est toujours développée en école de pensée, tant le vrai est une lutte incessante contre le vide et le néant. Sans le thomisme, la crise du catholicisme au XXème siècle – qui sans sursaut devrait le porter en terre, soyons réalistes – aurait eu lieu quatre siècles auparavant. C’est l’absence de philosophes et de théologiens au XVIIème siècle qui permettra à ces voyous intellectuels du XVIIIème de s’auto-proclamer – sans aucune réaction – “philosophes”. Je laisse aux universitaires ce travail immense. Au moins pouvons-nous les aider par un vrai catéchisme qui, dès l’enfance associe la philosophie et le surnaturel. C’est le seul moyen d’enseigner la Foi et non la croyance".

Abbé Philippe Laguérie

 



La discussion

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