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Être et Dieu chez Heidegger Imprimer
Auteur : Catholique Romain
Sujet : Être et Dieu chez Heidegger
Date : 2002-01-26 10:58:13

ÊTRE ET DIEU
CHEZ M. HEIDEGGER

Une courte réflexion sur l'ouverture possible de l'être sur Dieu dans une perspective heideggerienne (d'après J. B. LOTZ, Martin Heidegger et Thomas d'Aquin. Homme-être-Dieu, Paris, PUF, 1988).

Pour Heidegger, le destin de l'Occident, caractérisé par l'oubli de l'être, s'achève dans le technique mais provient de la métaphysique, qui a suscité le nihilisme. En effet, à force de "ne représenter l'étant qu'en tant qu'étant, [la métaphysique] ne pense pas l'être lui-même." (Qu'est-ce que la métaphysique ?) Cet oubli de l'être contient toujours déjà le germe du nihilisme parce que l'oubli finit nécessairement par faire croire à l'inutilité et à la vacuité de la question de l'être. Il est donc "impossible [à la métaphysique] de surmonter le nihilisme." (Sur la question de l'être) Ce destin s'achève donc dans la "métaphysique de la volonté de puissance " (ibid.) : avec la déperdition du sens de l'être reçu comme fond de tout étant, l'étant tombe dans l'inanité.

Par ailleurs, le nihilisme contient toujours déjà l'athéisme puisque le chemin qui mène à Dieu passe par l'être. Cependant, pour Heidegger, "l'être n'est pas Dieu "(Lettre sur l'humanisme) et il présente sa pensée comme n'étant "pas plus théiste qu'athée." (ibid.) Attention toutefois, ce n'est pas là un aveu d'indifférentisme, parce que cela reviendrait purement et simplement à de l'athéisme (cf. ibid.) ! Si Heidegger ne veut pas répondre à la question de Dieu, il refuse également d'exclure la possibilité d'un Sein-Zu-Gott, d'un Être-pour-Dieu (cf. La question du fondement). Néanmoins, si une ouverture de l'être vers Dieu n'est pas inconcevable, Dieu et être ne peuvent pas être une seule et même réalité, et ce pour une raison de principe : l'être ne peut pas être conçu comme "quelque chose de séparé de l'homme." (Sur la question de l'être) Il y a une solidarité fondamentale entre l'homme et l'être et, pourrait-on dire, comme une conjonction (Zusammenhalten) de l'être et de l'homme .

Une question se pose alors : comment, dans ces conditions, une ouverture de l'être vers Dieu est-elle possible si l'être est lié à l'homme dans le destin ? Il faut bien se rendre compte que c'est ici la possibilité même de l'ouverture de l'être sur Dieu qui est mise en cause : si l'être est lié à l'homme et inconcevable sans lui, peut-on encore raisonnablement penser une ouverture sur Dieu ?
Heidegger affirme que, dans le destin, "quelque chose de continu se fait jour, qui persiste du début à la fin de l'envoi destinal." (Identité et différence) "Il est néanmoins, ajoute-t-il, difficile de dire comment il faut penser cette perdurance (Durchgängigkeit)." (ibid.) Il y a donc comme une sorte de détachement de l'être, qui révèle une certaine profondeur trans-temporelle et, par là, une voie d'accès possible au divin…

U. I. O. H. D.
S. M.

 



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