Je vous défie de trouver aujourd'hui un comédien qui ne se prenne pas pour le centre, la raison et l'aboutissement du temps. Le malheur de notre temps c'est qu'il n'enfante que des "artistes", ces nouveaux détenteurs de la parole qui fait vivre. Tous ceux qui ne sont pas artistes passent à côté de la vrai vie. Maintenant il y a d'un côté l'artiste, de l'autre, le raté. Tout jeune a cette ambition démesurée d'accéder à cette condition, la seule digne d'être vécue, la seule qui donne un sens à la vie et en comparaison de laquelle tout autre état apparaît comme dégradante.
Voici un passage du Désespéré de Léon Bloy, consacré à l'état de comédien :
http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?desespere1,2480,2499