Cher liseur,
vos arguments sont de poids et, effectivement, l'affrontement intellectuel entre MAURRAS et BARRES est très important pour comprendre ce débat. Malgré son intransigeance monarchiste, MAURRAS, dans les années 30 allait marquer son admiration aux oeuvres politiques de FRANCO, de SALAZAR et de MUSSOLINI. Certaines élites franquistes lui rendront la pareille en donnant son nom à des rues à la fin des années 1950 dans quelques villes d'ESPAGNE... Quant à SALAZAR, il ne cachait pas sa dette à l'égard du fondateur du nationalisme intégral...
Mais, MAURRAS reste profondément convaincu, comme vous, que la royauté est un préalable à la restauration de la FRANCE et que seul le retour du roi mettra fin à l'anarchie. J'admet que, en temps normal (c'est le cas dans l'ESPAGNE d'aujourd'hui), le roi représente une légitimité historique et identitaire incomparable. Mais, après une rupture aussi longue que celle entre la FRANCE et ses monarques, la légitimité de ces derniers ne sera pas reconnue, elle fascinera peut être mais elle fera craindre des pratiques que la propagande jacobine a amalgamé à l'idée royale : privilèges de naissance, pouvoir de l'Eglise, arbitraire confondu avec absolutisme, etc...
Bien sûr tout cela est faux mais qui le sait ?
Mon idée, au départ, n'est pas éloignée des plans de MAURRAS : grande crise nationale, coup d'Etat militaire par une armée professionnalisée assistée d'éléments sûrs de la police... Mais après, j'imagine d' établir une légitimité fondée sur la défense de la FRANCE et des français contre les menaces venues du dehors (là, le programme du FN peut être utile et ce n'est après tout que l'idée de Carl SCHMIT qui disait que le groupe trouvait sa cohésion dans l'agression extérieure) et sur un programme social audacieux de type corporatiste. C'est l'essence du fascisme que de fonder l'acceptation populaire sur l'idée de primauté (temporelle) de la Nation et/ou de l'Etat au-delà de toute autre valeur politique et sur un projet d'unité sociale de cette Nation dépassant et transcendant les classes sociales et les différences régionales ou idéologiques d'origine: combattre le séparatisme local, interdire les partis politiques qui empêchent de regarder la réalité française de façon objective, empêcher les conflits sociaux qui divisent nos compatriotes et lutter contre la misère économique qui détruit le sentiment national et provoque la subversion.
Mais avant tout, il faut éliminer la classe politique actuelle et surtout s'emparer des médias et de l'enseignement pour instaurer une éducation tournée vers l'apologie de ce qui est français, conforme au bien commun du peuple, à l'ordre naturel du pays et le rejet de ce qui menace la FRANCE.
José-Antonio disait : "La Révolution est l'oeuvre d'une minorité inaccessible au découragement." J'ajoute que la conduite de la Nation doit être en permanence l'oeuvre de cette minorité, laquelle doit avoir pour tâche essentielle de se trouver un Chef. Vous le savez, l'idée de Chef est également capitale dans un système fasciste. Et vous savez aussi que l'Eglise se donne un Chef par l'élection, une élection réalisée par l'élite que forment les cardinaux, eux-mêmes choisis par le Pape précédent... Avouez que le système peut être transposé à un Etat et permettre la désignation du Chef lorsque l'Histoire ne se charge pas de consacrer elle-même l'Homme providentiel.
Tout cela est horriblement schématique, nous y reviendrons si vous le voulez.
Cordialement.