- VATICAN: Le 25 octobre, à l'université pontificale grégorienne (jésuite) à Rome, le Saint Père a prononcé un message à la Chine populaire communiste: "Je demande pardon à ceux qui se sont sentis, d'une façon ou d'une autre, blessés par certaines formes d'action des chrétiens". Il a formulé le voeu "de voir bientôt instaurées des voies concrètes de communication et de collaboration entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine". Le pape souhaite "l'ouverture d'un espace de dialogue", grâce auquel "on puisse travailler ensemble pour le bien du Peuple chinois et pour la paix dans le monde". Jean-Paul II affirme qu'il "regarde le Peuple chinois avec une profonde sympathie et une grande attention. On connaît les pas notables, dit le pape, qui ont été fait récemment dans les domaines social, économique et éducatif... Que la Chine le sache: l'Eglise catholique a le vif désir d'offrir encore une fois un service humble et désintéressé..." - Vous êtes stupéfaits ? Nous aussi ! Sans parler de Pie XI qui, en 1937, par l'encyclique Divini Redemptoris, avait dénoncé le communisme comme "intrinsèquement pervers", interdisant expressément aux catholiques toute collaboration, le pape Léon XIII, n'avait-il pas déjà déclaré en 1890 en commentant la politique de la main tendue au diable: "Céder à l'adversaire et garder le silence pour étouffer la vérité, lorsque de toutes parts s'élèvent des clameurs , c'est le fait d'un homme sans caractère, ou qui doute de la vérité de sa croyance. Dans les deux cas, une telle conduite est honteuse et fait injure à Dieu; elle est incompatible avec le salut de chacun comme avec le salut de tous; elle n'est avantageuse qu'aux seuls ennemis de la foi, car rien n'enhardit autant l'audace des méchants que l'inertie des bons" (Encyclique Sapientiae Christianae). Que l'on se souvienne que l'Eglise catholique est persécutée en Chine, avec une église des catacombes comptant une soixantaine d'évêques dont plusieurs sont (à nouveau) en prison, et des millions de fidèles ! Dans une situation parallèle, le cardinal Mindszenty (1882 - 1975), Primas de Hongrie, tenu prisonnier pendant 15 ans d'abord par les nazis, ensuite par les communistes, avait des paroles très dures pour ceux qui essayaient de dialoguer ou de collaborer avec le système: "Chaque compromis donne aux persécuteurs de l'Eglise de la nourriture fraîche." Ou alors: "Un évêque hongrois n'a rien à demander à un officier soviétique !" Combien de fois avait-il fustigé, du silence de sa retraite à l'ambassade américaine de Budapest, l'Eglise hongroise en l'appelant "la servante de l'Etat communiste" puisqu'elle composait avec le gouvernement communiste dans l'affaire des prêtres de la paix, pour sauver quelques sièges épiscopaux ! Le 20 février 1949, Pie XII dit lors d'une allocution sur la Place St.Pierre à Rome, après avoir parlé de Mindszenty: "On sait trop bien ce que l'Etat antireligieux exige et attend de l'Eglise, en contrepartie de sa 'tolérance' ou plutôt de sa reconnaissance douteuse: UNE EGLISE QUI SE TAIT QUAND ELLE DEVRAIT ANNONCER; une Eglise qui diminue la loi divine en essayant de l'adapter au vouloir humain, au lieu de l'annoncer à haute voix et de la défendre; une Eglise qui se sépare du rocher sur lequel le Christ l'a fondée, pour construire sans souci sur le sable mouvant des opinions du jour, ou pour se laisser entraîner par un courant qui passe !" Un dernier mot du cardinal Mindszenty: "Celui qui fait des compromis avec les communistes, sera perdu... Les représentants même de l'Eglise deviennent les fossoyeurs de l'Eglise !" - Msgr Casaroli, ministre des affaires étrangères de l'époque au Vatican, fort mécontenté jugea le cardinal Mindszenty : "Mindszenty est du granit, et peut-être aussi dur que le granit." - Tout cela serait totalement différent quand il s'agit du communisme chinois ? Soyons du côté du granit de Msgr Mindszenty, du roc de Golgotha ! - (ru; cf Zenit 25.10., 10e coll. europ. Unec 1993)
- - O.A.M.D.G. - -