Cher liseur,
Je confirme que la doctrine de la déification se trouve chez certains pères grecs( saint Anathase par exemple). A mon sens elle ne présente que peu d'intérêt. je conçois qu'un contemplatif vivant sous le régime des dons du Saint-Esprit puisse s'en réclamer, mais appliquée au commun, elle prête à rire. Il suffit de sortir cinq minutes dans la rue ou de regarder trois minutes la télé pour constater sa non pertinence.Car si cette déification de l'homme est la finalité de la mort du Christ,quelle misère! Ou alors c'est le diable qui est en train de remporter la partie car l'humanisme anthropocentrique qui est la caractéristique de notre époque fait de l'homme un dieu, en sorte que n'importe quel bénêt s'estime aujourd'hui le centre, la raison et l'aboutissement du temps. Si Jésus revenait, je suis sûr que certains de nos bien-pensants trouveraient le moyen de lui faire la leçon. Non, je prends la théorie de la deification comme une incitation à la sanctification des âmes, rien de plus.
Quant à la question liturgique,je pense qu'aucune raison valable ne justifie le primat accordé dans la nouvelle messe à la théologie du mystère pascal. Ce qui me paraît toujours essentiel, c'est la valeur expiatoire de la mort du Christ. Les exegètes modernes sont mal à l'aise avec la notion de péché.Et ils font une grande erreur en s'efforçant de disqualifier le dogme de la rédemption, et la doctrine classique selon laquelle Jésus a offert sa vie en sacrifice expiatoire. Le besoin de rédemption est inscrit dans la nature humaine. Le geste du sacrifice remonte aux temps les plus anciens de l'humanité.Les sacrifices propriatoires des premiers temps et de l'antiquité visaient à satisfaire la justice divine par l'expiation du péché. Lisez les Eclaircissement sur les sacrifices de Joseph de Maistre, vous comprendrez l'importance du dogme de la rédemption. Je sais que notre société représente le summum de la civilisation ( au XIXeme siècle on pensait la même chose ), mais rien ni personne n'arrivera à me convaincre de la caducité d'une doctrine de foi dont la nouvelle messe s'est affranchie pour le plus grand triomphe des modernistes.
Je pense que nous aurons par la suite l'occasion de revenir sur cette question. Cordialement