Avant de vouloir anéantir le souvenir du pauvre Paul VI, il s'agit d'abord d'apprendre à célébrer enfin correctement la nouvelle liturgie.
L'osmose des deux formes proposées par le Saint-Père constituerait, à terme, à célébrer le novus ordo dans l'esprit de la Tradtion bimillénaire et toujours vivante.
En ce qui concenrne ma modeste expérience, le caractère rationalisé du missel rénnové apporte de la clarté aux rubriques. L'audition du Canon ou des prières eucharistiques qui en tiennent lieu a été pour moi une catéchèse sur le sens du Saint-Sacrement. Ce missel est aussi plus adapté aux conditions précaires de certaines circonstances mais peut, tout aussi bien, permettre la communion de fidèles par millions (selon le record inégalé des JMJ de Manille).
Cette souplesse est aussi sa principale faiblesse. Ses degrés de libertés doivent être maîtrisés avec une grande rigueur pratique et théorique. Les abus liturgiques sont de toute façon une balle dans le pied que se tire les modernistes. Le laisser-aller n'encourage pas nécessairement les vocations, bien au contraire. Un mélange de joie et de gravité dans la pénétration des mystères, un esprit vif mais généreux et bonhomme nimbé d'un coeur priant et adorant: voilà de bons modèles.
Je pense que la démographie fera le reste. Il y aura une éclipse du sacerdoce, notamment rural, pendant un temps mais un clergé renouvelé en ressortira. Voyez les signes des temps, comme on dit dans l'esprit de Vatican II: Environ 10% à 20% (en comptant la Fraternité Saint-Pie-X) des ordinands en France sont de jeunes abbés traditionalistes. A ceux-là, il faut ajouter tous ceux qui, tout en ne connaissant que la forme ordinaire, ont pris le pli de la Tradition dans leur manière de penser et de célébrer. On les sent habités.
Par voie de ricochet, la population épiscopale sera soumise à ce renouvellement.
Ajoutons que le grand défrocage (pour parler Français) des années Paul VI a retiré du clergé les éléments les moins motivés et les plus soumis à l'esprit du monde. Ceux qui sont restés l'ont fait après une révision de vie parfois radicale. De l'ancienne génération, nous avons gardé la fine fleure!
Comme en France, tout se termine par des chansons, chantons avec G. F. Händel:
And He shall purify the sons of Levi [...] that they may offer unto the LORD an offering in righteousness. (Ml 3, 3).