mon cher Leopardi,
Vous gardez l'espérance que le "grand soir" est pour demain, après-demain, le mois prochain, l'année prochaine enfin bientôt.
Et voici cinq ans et demi que, comme moi, vous demandez à soeur Anne si elle ne voit rien venir au loin. Mais soeur Anne que voit-elle ?
Benoît XVI règne depuis 5 ans et demi, quel est son bilan en matière de réforme liturgique ?
- le 7/7/7 oui mais justement il ne réforme pas le missel ordinaire
- le lent (lancé en 2001) et pénible travail de rectification des affreuses traductions n'a abouti, et encore il ne s'appliquera que d'ici quelques mois, que pour la langue anglaise.
- un cérémoniaire pontifical remplacé par un autre bien meilleur sur le plan des intentions.
Je crois malheureusement avoir été complet quant à ce qui s'approche d'une correction. Encore y-a-t-il eu une petite régression avec l'ajout de nouvelles formules au choix pour l'envoi final.
On en est venu à s'extasier quand Mgr Marini donne au pape quelques atours ou pièces de mobilier sortis des musées du Vatican parce qu'il n'y a rien de plus consistant à commenter. Le Père Bouyer, fort apprécié de Joseph Ratzinger, envisageait une refonte radicale du missel néo-liturgique produit par Mgr Bugnini. Nous en sommes à des années-lumière.
En bref, Benoît XVI n'a pratiquement rien fait se rapportant à une réforme substantielle du missel post-conciliaire et les abus sont toujours là pour 99% des fidèles latins qui suivent ce rit à l'échelle mondiale. J'ignore les positions du cardinal Burke sur la "réforme de la réforme" mais vue sa charge en Curie, il n'aura pas à traiter de la question ; quant au cardinal-préfet Canizares, s'il a donné quelques signaux bienveillants envers la Forme extraordinaire, pour le moment nous n'avons rien vu quant à ... l'ordinaire. Son secrétaire américain est d'un mutisme exceptionnel.
L'opinion du Père Lombardi, jésuite, qui doit, en général, refléter celle de la secrétairerie d'Etat - excusez du peu - est que nous ne verrons rien.
Je sais bien que le cardinal Ranjith aurait aimé plus mais, précisément, il a été renvoyé méditer sur la question au Sri Lanka... En ce sens, le lâcher de ballon-sonde d'A. Tornielli était utile : à peine le ballon était-il dans le ciel romain que la DCA néo-liturgique l'abattait en plein vol avec un scud tiré depuis le coeur du Saint-Siège.
Contrairement à ce que sans doute beaucoup pensent ici, cette révision profonde est une étape décisive pour une revitalisation du catholicisme que même une application réelle de S.P. n'obtiendrait pas dans des délais raisonnables à elle seule, aussi cruciale soit-elle. Michel Kubler écrivait au soir de l'élection de Benoît XVI dans son éditorial que l'alors tout nouveau pape serait attendu sur ... la liturgie.
Force est de constater que soeur Anne attend toujours.
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