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Pistes de réflexion pour aujourd'hui Imprimer
Auteur : Rémi Fontaine
Sujet : Pistes de réflexion pour aujourd'hui
Date : 2011-01-17 18:22:00

D'après un article paru dans "Présent" du 1er décembre :
Vous avez dit « parti (a)confessionnel » ?
Suite au débat lancé par Marine Le Pen autour de l’avortement et du parti confessionnel (cf. Présent du 23 octobre), quelques précisions :
• Conformément à la doctrine sociale de l’Eglise et à l’école contre-révolutionnaire, nous sommes avant tout contre un parti confessionnel parce que nous sommes contre les partis (artificiellement dialectiques et désorganiques), même si on peut éventuellement en préférer un et le soutenir comme un pis-aller provisoirement nécessaire. Autrement dit ce n’est pas tant qu’elle soit confessionnelle qui nous gène, par exemple, dans la Liste chrétienne, c’est qu’elle se présente comme un parti.
• Cela étant dit, si la Révélation chrétienne apporte un nouveau principe extraordinaire (surnaturel) à la morale, nous ne pensons pas qu’elle change, philosophiquement parlant, la politique naturelle et sa finalité : la concorde ou le bien commun temporel. Autrement dit la politique a nécessairement besoin des chrétiens mais pas forcément d’un mouvement confessionnel. La morale chrétienne peut et doit transfigurer la politique mais ne change pas sa nature.
• Cependant, autant les chrétiens ne peuvent plus agir dans une société apostate et sécularisée comme s’ils agissaient en chrétienté, autant ils ne peuvent pas y agir artificiellement comme s’ils n’étaient pas chrétiens, s’en tenant à la seule loi naturelle, comme si la Révélation n’avait pas renouvelé le monde. Cette impossible hypothèse a été très bien dénoncée par Jean Madiran dans sa lettre à un écrivain philosophe (dans Maurras, NEL) :
1. « On ne reproche pas à l’incroyant de faire comme s’il n’était pas chrétien (…). C’est le comme si du chrétien qui fausse tout. C’est le chrétien qui fausse tout en imaginant une zone de pensée et d’action où il serait possible de faire comme s’il n’était pas (encore) chrétien…
2. « L’ordre naturel n’est pas un compromis entre le chrétien et le croyant : (…) il est cette réalité que le chrétien aperçoit exactement s’il la considère dans une perspective surnaturelle, et que, simultanément, l’incroyant peut admettre dans une perspective naturelle. »
• C’est la raison pour laquelle nous reprochons à nos évêques tristement sécularisés ou décléricalisés de « jouer » trop souvent à être des (bons) « gentils » dans le combat contre la culture de mort, en négligeant la perspective surnaturelle avec les dérives que cela produit. De le faire en outre trop souvent par dhimmitude mentale à l’air du temps, selon le faux principe de séparation que leur soufflent à la fois la laïcité ouverte et le modernisme. Là où ils devraient simplement distinguer pour unir dans une alliance de bon aloi entre chrétiens et hommes de bonne volonté…
• Si l’unité naturelle des croyants et des incroyants autour de la loi (morale) naturelle est un bien commun politique évident, l’unité surnaturelle des catholiques entre eux n’en est pas moins un bien commun tout aussi nécessaire dans son ordre, et de son point de vue plus large encore que l’unité politique précédente qui ne lui est pas extérieure, et qui est comme une partie de son programme : « L’unité catholique intègre les incroyants au niveau du droit naturel, de la loi naturelle, de l’ordre naturel » (Jean Madiran).
• On ne peut et ne doit donc pas opposer, sinon séparer, les deux perspectives car, depuis la Rédemption, nous sommes dans l’âge chrétien jusqu’à la fin du monde : la loi naturelle devient une « participation » à l’ordre surnaturel « dans lequel convergent nature et grâce » (Pie XII). Certes, la grâce ne nous apporte pas une nouvelle âme humaine (laquelle demeure son support naturel) mais elle augmente infiniment sa capacité vitale. D’où la morale chrétienne qui ne peut être facultative si, précisément, elle ne se moque pas de la morale naturelle. Jésus Christ et son Eglise ne sont donc pas facultatifs en politique : c’est la doctrine sociale du Christ-Roi.
• Contrairement à la présentation (relativiste) de certains évêques, la loi d’Amour (surnaturelle, religieuse, confessionnelle) n’est pas inférieure et moins universelle que la loi naturelle, bien au contraire. Le Dieu des chrétiens est pour tous et l’Espérance en Lui n’est pas une « foi particulière » parmi d’autres : « L’Evangile n’est pas un livre parmi les livres. Il n’est pas une parole d’homme parmi les paroles d’hommes, il est la parole du Verbe de Dieu, il est le Verbe de Dieu fait vie humaine contemplée et racontée » (Madeleine Delbrêl).
• Tout cela pour dire que si nous ne sommes pas pour un parti confessionnel, nous sommes de plus en plus, à l’écoute de Benoît XVI, pour une action morale et communautaire typiquement confessionnelle dans la politique, ouverte et coopérant avec tous les hommes de bonne volonté soucieux de la loi (morale) naturelle et du bien commun temporel.



La discussion

 identité politique et identité catholique, de jejomau [2011-01-17 07:09:19]
      Toute la difficulté est là, de Meneau [2011-01-17 17:25:45]
          Pistes de réflexion pour aujourd'hui, de Rémi Fontaine [2011-01-17 18:22:00]
              la collaboration avec un homme politique acceptant [...], de jejomau [2011-01-17 19:07:11]
                  D'où précisément..., de Rémi Fontaine [2011-01-17 19:21:37]