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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Bonne question ! Imprimer
Auteur : Vianney
Sujet : Bonne question !
Date : 2011-01-13 08:25:18


Reste à expliquer pourquoi les évêques, qui connaissaient l'avant, ont, plus que laissé faire, fait faire. Étaient-ils encore catholiques ?


Votre question mérite d’autant plus d’être posée que divers témoignages, tant de partisans que d’adversaires de ces réformes, montrent qu’un certain nombre d’évêques parmi les plus influents n’ont cessé de les encourager et même de les promouvoir, bien longtemps avant Vatican II.

Une tentative d’explication (qui ne vaut que pour la France) a été donnée par un témoin de toute cette histoire, l’abbé Berto, condisciple de Mgr Lefebvre au séminaire français de Rome à l’époque de la condamnation de l’Action française :

Il n’y avait guère en France d’adversaires déclarés de l’Action française que ce qu’on appelait encore (le terme a vieilli depuis) les « catholiques libéraux ». Pie XI, qui n’avait rien d’un « libéral », avait probablement (ici aussi je conjecture) compté pour soutenir ses décisions sur une sorte de « troisième force » ; il fut vite détrompé — et déçu. Une fois expulsés de tous les « postes-clefs » les adhérents ou les amis même tièdes de l’Action française, il ne restait plus que des « libéraux » pour remplir ces postes. Ils ne manquèrent pas l’occasion. Le Pontife ne s’était pas attendu à de pareils auxiliaires ; il s’abstint de leur donner sa caution, jusqu’au jour où, comme il était inévitable, il dut marquer son désaveu, après que ces catholiques eurent pris sur la guerre d’Espagne une position contraire à celle que lui-même avait publiquement prise. Depuis plusieurs années déjà, il avait beaucoup adouci sa sévérité, sans toutefois lever les sanctions de for externe. On lui prête d’avoir dit qu’il laissait à son successeur le soin de mettre fin à l’affaire. Effectivement, quelques mois après son exaltation Pie XII leva les sanctions.
L’ « affaire d’Action française » était finie. Les conséquences, elles, durent encore.


Une autre réflexion du même prêtre, adressée à Jean Madiran, vaut, quant à elle, pour l’ensemble du monde catholique au XXe siècle :

Ce désastre est tel qu’il ne peut être imputé au seul aveuglement. L’aveugle le plus aveugle aurait du moins trébuché sur les ruines qu’il n’aurait pu voir, se serait aperçu qu’il démolissait croyant construire, se serait depuis longtemps arrêté de démolir. Le désastre, l’« immense désastre spirituel », a donc été causé sciemment, délibérément, par des clairvoyants qui se proposaient de le perpétrer, qui se proposent de le consommer. Il est IMPOSSIBLE que les vrais meneurs soient aveugles, parce qu’il est IMPOSSIBLE de s’abuser à ce degré. Si, disant qu’on veut remplir les séminaires, on emploie des moyens qui les vident, sans changer de moyens quand on constate qu’on les vide, c’est qu’en effet on veut les vider, et qu’on ment en disant qu’on veut les remplir. Si, disant que l’on veut tremper des chrétiens héroïques, on emploie des moyens qui les affadissent, sans changer de moyens quand on s’aperçoit qu’on les affadit, c’est qu’en effet on veut les affadir et qu’on ment en disant qu’on veut les tremper. Ainsi de tout.

Il y a des aveugles, oui, et des sourds, et des médiocres, et des couards. Mais ni cécité, ni surdité, ni médiocrité, ni couardise ne fournissent l’explication adéquate et exhaustive de ce que nous voyons. Il faut qu’il y ait « autre chose », et cet « autre chose » ne peut être que la persistance du modernisme au sens de Pascendi, la persistance de la société secrète des modernistes. Votre livre sur L’intégrisme s’achève sur la question de savoir si cette société sécrète existe encore, et le lecteur entend assez que la réponse est oui. Mais quel secret bien gardé ! Quelles apparences savamment maintenues ! Quel art à faire passer pour remèdes les poisons les plus mortels ! Ou les mauvais anges n’existent pas, ou ils sont à l’oeuvre en tout ceci, déguisés en anges de lumière, et le déguisement est à s’y méprendre.


Au-delà de ces explications, le mystère demeure : comment Dieu a-t-il permis que la contagion s’étende si haut dans l’Église ? La réponse, je pense, est dans la deuxième lettre de saint Paul à son disciple Timothée : “il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine”. Alors, après nous avoir envoyé de très grands saints, qui n’ont pas été écoutés, Dieu s’est en quelque sorte retiré, comme on le pressait un peu partout de le faire depuis des siècles : retiré des chaires universitaires, retiré de la politique, et finalement retiré des séminaires et des lieux de culte. Le résultat est là qui s’étale sous nos yeux, tant dans l’Église que dans le monde. Le remède devra être à la hauteur du désastre : prière, mortification, étude de la “saine doctrine”...

V.


La discussion

 Peut-être déjà publié ici, de Philippe P [2011-01-13 01:22:08]
      Bonne question !, de Vianney [2011-01-13 08:25:18]
          Merci, de Philippe P [2011-01-13 08:44:39]
              La trahison remonte à Judas, de Vianney [2011-01-13 10:24:05]
                  Aussi intéressant que tragique, de Philippe P [2011-01-13 23:13:03]