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JUILLET 2003 A MARS 2011

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A partir d'un récent discours de Benoît XVI (2/2). Imprimer
Auteur : Scrutator Sapientiæ
Sujet : A partir d'un récent discours de Benoît XVI (2/2).
Date : 2010-12-19 16:38:46

(suite et fin)

" 9. Le patrimoine de principes et de valeurs contenus et exprimés par la religion révélée par Jésus-Christ est une richesse pour les peuples et pour leur ethos. Ce patrimoine parle directement à la conscience et à la raison des hommes et des femmes, il leur rappelle l’impératif de la conversion morale et spirituelle, les incite à cultiver la pratique des vertus et à se rapprocher les uns des autres avec amour, sous le signe de la fraternité, en tant que témoins du Christ, tournés vers la grande famille humaine. Dans le respect de la laïcité positive des institutions étatiques, la dimension publique de la religion révélée par Jésus-Christ doit toujours être reconnue. Dans ce but, il est fondamental que s’instaure un dialogue sincère entre les institutions civiles et religieuses pour le développement intégral de la personne humaine et l’harmonie de la société.

10. Dans l’univers mondialisé caractérisé par des sociétés toujours plus multi-ethniques et multi-confessionnelles, les religions non chrétiennes, notamment dans la mesure où elles acceptent que l’on témoigne de la vérité religieuse, peuvent représenter un important facteur d’unité et de paix pour la famille humaine. A partir de leurs propres convictions religieuses et de la recherche rationnelle du bien commun, leurs fidèles sont appelés à vivre de manière responsable leur propre engagement, dans un contexte de respect de la vérité religieuse, la seule qui soit vraiment libératrice et responsabilisante, car elle l’est dans le Christ, et non sans Lui. Au contact des cultures religieuses non chrétiennes, il est nécessaire et salutaire, d’une part, de préciser ou de rappeler tout ce qui est contraire à l’autorité de la Parole divine et à la véritable dignité de l’homme et de la femme, d’autre part, d’accueillir comme un trésor tout ce qui s’avère positif pour la convivialité civile. L’espace public que la communauté internationale rend disponible pour les religions non chrétiennes, dès lors que leur proposition est celle d’une « vie bonne », favorise l’émergence d’une mesure commune de bien moral, essentiel pour une coexistence pacifique. Les leaders des religions non chrétiennes, en vertu de leur rôle, de leur influence et de leur autorité dans leurs propres communautés, sont donc appelés les tout premiers à l’acceptation du témoignage des fidèles dans le Christ. Les chrétiens, pour leur part, sont invités, par la foi même en Dieu, Père du Seigneur Jésus-Christ, d’une part, à vivre en frères, qui se rencontrent dans l’Eglise et qui collaborent à l’édification d’un monde où les personnes et les peuples ne feront « plus de mal ni de violence […] car le pays sera rempli de la connaissance du Seigneur, comme les eaux couvrent le fond de la mer » (Is 11, 9) ; d’autre part, à accepter eux-aussi que des individus et des communautés adhèrent à des croyances différentes de la religion révélée par Jésus-Christ, de notamment la foi catholique ; enfin, à témoigner de leur foi, de leur espérance et de leur charité, au bénéfice et à destination des chrétiens et des non chrétiens à proximité desquels ils vivent.

11. La politique et la diplomatie devraient prendre en considération le patrimoine moral et spirituel offert par la religion révélée par Jésus-Christ, pour reconnaître et affirmer des vérités, des principes et des valeurs universelles qui ne peuvent être niés sans nier en même temps les véritables dignité, liberté, vocation de la conscience, de la nature et de la personne humaines. Mais, dans la pratique, qu’est-ce que cela veut dire, promouvoir la vérité morale dans le monde de la politique et de la diplomatie ? Cela signifie agir de manière responsable à partir de la connaissance objective et complète des faits ; cela veut dire déstructurer des idéologies politiques qui finissent par supplanter la vérité divine et la dignité humaine et veulent promouvoir des pseudo valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains ; cela veut dire favoriser un engagement constant pour fonder la loi positive sur les principes de la loi naturelle. Tout cela est nécessaire et salutaire, est conforme avec le respect de l’autorité de la Parole divine, telle qu’elle s’exprime dans l’Ecriture, dans la Tradition et dans le Magistère, et avec celui de la valeur de la personne humaine, sans être contraire avec la compréhension la plus appropriée, dans et non sans l’Amour et la Lumière du Christ, de la Charte de l’Organisation des Nations Unies de 1945, qui présente des valeurs et des principes moraux universels de référence pour les normes, les institutions, les systèmes de coexistence, au niveau national et international.

12. En dépit des enseignements de l’histoire et de l’engagement des Etats, des Organisations internationales au niveau mondial et local, en dépit des efforts des Organisations non gouvernementales et de tous les hommes et femmes de bonne volonté qui, chaque jour, se dépensent pour la sauvegarde des vrais droits et des véritables libertés fondamentales, on constate aujourd’hui encore, dans le monde, des persécutions, des discriminations, des actes de violence et d’intolérance liés à la religion révélée. En Asie et en Afrique en particulier, les principales victimes sont les membres des minorités religieuses chrétiennes, auxquels il est interdit de professer librement la religion révélée par Jésus-Christ, par des intimidations, par la violation des vrais droits et des véritables libertés fondamentales et des biens essentiels, allant jusqu’à la privation de la liberté personnelle ou même de la vie. Il existe en outre - comme je l’ai déjà dit - des formes plus élaborées d’hostilité envers la religion révélée par Jésus-Christ, qui, dans les pays occidentaux, se manifestent parfois par le reniement de l’histoire et des symboles religieux dans lesquels se reflètent l’identité et la culture de la majorité des citoyens. Ces attitudes alimentent souvent haine et préjugés et ne sont pas cohérentes avec une vision sereine et équilibrée du pluralisme et de la laïcité des institutions, sans compter qu’elles peuvent empêcher les jeunes générations d’entrer en contact avec le précieux héritage moral et spirituel de leurs pays. La défense de la religion révélée par Jésus-Christ passe par la défense des droits et des libertés des communautés religieuses chrétiennes. Que les leaders des religions non chrétiennes et les responsables des nations renouvellent donc leur engagement pour le respect actif et concret de la vérité religieuse et de la véritable liberté religieuse, en particulier pour la défense des minorités religieuses chrétiennes, qui ne représentent pas une menace pour l’identité de la majorité, mais représentent au contraire le témoignage du dialogue avec le seul vrai Dieu et du véritable enrichissement moral et spirituel. Leur défense est la meilleure manière de renforcer l’esprit de bienveillance, d’ouverture et de réciprocité avec lequel protéger les droits et les libertés fondamentaux, y compris ceux des non chrétiens, dans tous les domaines et toutes les régions du monde.

13. Je m’adresse maintenant aux communautés chrétiennes qui souffrent de persécutions, de discriminations, de violences et d’intolérance, particulièrement en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et spécialement en Terre Sainte, lieu choisi et béni par Dieu. Tout en leur renouvelant l’assurance de mon affection paternelle et de ma prière, je demande à tous les responsables d’agir avec promptitude pour mettre fin à toute brimade contre les chrétiens qui habitent dans ces régions. Puissent les disciples du Christ, confrontés aux adversités du moment, ne pas perdre courage, car le témoignage rendu à l’Evangile est et sera toujours signe de contradiction. Méditons en notre cœur les paroles du Seigneur Jésus : « Heureux les affligés, car ils seront consolés. Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés. […] Heureux êtes-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera, et qu’on dira faussement contre vous toute sorte d’infamie à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5, 5-12). Renouvelons donc « l’engagement pris par nous à l’indulgence et au pardon, que nous demandons à Dieu dans le Notre Père, en posant nous-mêmes la condition et la mesure de la miséricorde désirée. En effet, nous prions ainsi : "Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés" (Mt 6, 12) ». La violence ne se vainc pas par la violence. Que notre cri de douleur soit toujours accompagné par la foi, par l’espérance et le témoignage de l’amour de Dieu ! J’exprime aussi le souhait qu’en Occident, spécialement en Europe, cessent l’hostilité et les préjugés à l’encontre des chrétiens qui veulent donner à leur vie une orientation cohérente avec les valeurs et les principes exprimés dans l’Evangile. Que l’Europe apprenne plutôt à se réconcilier avec ses propres racines chrétiennes : elles sont essentielles pour comprendre le rôle qu’elle a eu, qu’elle a et veut avoir dans l’histoire ; elle saura ainsi faire l’expérience de la vérité, de la justice, de la concorde et de la paix, en cultivant un dialogue sincère avec tous les peuples.

14. Le monde a besoin du seul vrai Dieu. Il a besoin de valeurs éthiques et spirituelles, universelles et partagées, et la religion révélée par Jésus-Christ offre la seule véritable contribution à leur recherche, pour la construction d’un ordre social vrai, juste et pacifique au niveau national et international. La paix dans le Christ est un don du seul vrai Dieu et en même temps un projet à mettre en œuvre, jamais complètement achevé. Une société réconciliée avec le seul vrai Dieu est plus proche de la paix, qui n’est pas simplement l’absence de guerre, qui n’est pas le simple fruit d’une prédominance militaire ou économique, ni encore moins de ruses mensongères ou d’habiles manipulations. La paix dans le Christ, en fait, est le résultat d’un processus de conversion culturelle, morale et spirituelle de chaque personne et chaque peuple, processus dans lequel la Parole divine, et les véritables dignité, liberté et vocation de la conscience, de la nature et de la personne humaine, sont pleinement respectées. J’exhorte donc tous ceux qui désirent devenir artisans de paix, et spécialement les jeunes, à se mettre à l’école et l’écoute de la Parole de Dieu, pour trouver, dans le seul vrai Dieu, le point de référence stable pour la conquête d’une liberté authentique, la force inépuisable pour orienter le monde avec un esprit nouveau, capable de ne pas répéter les erreurs du passé. Comme l’enseigne le Serviteur de Dieu Paul VI, dont la sagesse et la clairvoyance nous ont valu l’institution de la Journée Mondiale de la Paix : « Il faut avant tout donner à la Paix d’autres armes que celles destinées à tuer et à exterminer l’humanité. Il faut surtout les armes morales, qui donnent force et prestige au droit international, à commencer par l’observation des pactes ». La vérité religieuse, le seul chemin vers la véritable liberté religieuse, est une arme authentique pour la paix dans le Christ, et elle a une mission historique et prophétique. En effet, elle valorise et fait fructifier les qualités les plus intimes et les potentialités de la personne humaine capables de changer et rendre meilleur le monde. Elle permet de nourrir l’espérance en un avenir de vérité, de justice et de paix, même devant les graves injustices et les misères matérielles et morales. Puissent tous les hommes et toutes les sociétés, à tout niveau et en tout point de la terre, s’ouvrir sans tarder sur la connaissance de la vérité religieuse, le seul chemin vers la véritable liberté religieuse, facteur de paix dans le Christ. "


La discussion

 A partir d'un récent discours de Benoît XVI (1/2 [...], de Scrutator Sapientiæ [2010-12-19 16:32:03]
      A partir d'un récent discours de Benoît XVI (2/2 [...], de Scrutator Sapientiæ [2010-12-19 16:38:46]