Certainement vous ne considérez pas ce que je dis. Je dis précisément que vous ne pouvez pas croire que les média n'ont aucune influence sur vos idées par la certitude du simple mépris de la feuille de chou.
"Croyez-vous que je crusse oncques, de façon délibérée, un seul titre de journal?" : Il n'est point besoin d'en témoigner davantage pour paraître aussi libre et éthéré qu'un penseur catholique aussi indépendant et raisonnable qu'a pu l'être saint Thomas. Mais ce n'est pas cela dont je vous parle. C'est une considération plus large sur l'influence réelle - et n'allez pas croire que j'entende une "inconscience collective" - de la presse, et plus généralement des médias, sur nos façons de voir. Inutile d'approfondir mais sachez bien que certains termes que nous utilisons quotidiennement, qui reflètent certains idées, sont directement nés d'articles de journaux. Mais ce n'est toujours pas cela dont je veux parler.
L'"opinion publique" déborde largement la une d'un journal, l'opinion publique, c'est le discours qui retient l'attention des gens, c'est le fond commun de sociabilité pour un débat d'opinion. Pourquoi ne parle-t-on pas des carottes sur ce forum en ce moment ? Eh bien parce que les sujets viennent de la culture, qu'ils naissent parmi les hommes, et que la manière qu'ils ont de les connaître est cette grande médiation qu'est la culture. Et assurément, c'est un monde distinct du monde religieux, ce qui ne veut pas dire que Dieu ne s'y trouve pas. Il n'en allait pas différemment au temps du Christ, même si l'opinion publique n'existait pas exactement telle qu'elle existe aujourd'hui - je crois savoir que le philosophe Habermas a des thèses très intéressantes là -dessus, si des liseurs compétents peuvent apporter des précisions...
Bref en d'autres termes, le caniche en question est le même qui urine sur le mur (de la Vérité) et qui le nettoie : c'est les média. Car lorsque le pape s'exprime dans cet interview, il ne fait pas autre chose que de médiatiser sa parole... D'ailleurs, nous sommes en plein dedans !
Je voulais simplement qu'on sorte de cette manie qui consiste à remplir d'infamie un concept qui n'existe pas vraiment et qu'on nomme "média" et qui est dans le meilleurs des cas cette idée vague et mauvaise qu'on se fait des non catholiques.
Ce n'est point une simple classification du discours qui permet de sauver la vérité, loin de là , cela permet certes d'interpréter, mais lorsque les choses sont fausses, elles le sont dans tous les textes, et dans toutes les circonstances. Il n'y a pas d'endroit où l'on pourrait se permettre de faire abstraction de l'auditoire - revoyez le doublet amour et charité, qui sont la clef d'une parole chrétienne -
Il est aussi absurde d'évoquer le Christ ainsi, c'est à dire à tort et à travers en obéissant aveuglément à l'adage "on ne prête qu'aux riches", car ce n'est pas parce qu'on est dénigré qu'on détient la vérité.
J'espère que vous pardonnerez mon défaut de synthèse, il se corrigera au fur et à mesure du débat (enfin j'espère, parce que j'ai vraiment du mal. L'important est que vous admettiez que vous êtes concernée par les journaux. D'ailleurs l'Eglise a souvent condamnée ce qui s'y trouvait, c'est bien leur accorder une valeur non ?
Bien cordialement,
Paul R.
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