On peut être totalement et viscéralement opposé à ce changement... avis que je conçois et que je partage totalement. Ce qui n'empêche pas de relever vos erreurs.
1) votre titre sensationnel est faux:
des indiscrétions provenant de la SC des Évêques
car il ne s'agit pas d'indiscrétions, mais
de propos tenus en public en conférence de presse par le cardinal Ouellet le 11 novembre: "L’auspicio dei Padri sinodali che "il ministero del lettorato sia aperto anche alle donne" è stato quindi preso in considerazione e il Santo Padre sta studiando attentamente la questione." voir
ici au § C.
2)
le lectorat n'est absolument pas un degré mineur du sacrement de l'Ordre: il en a été totalement déconnecté en 1972, même s'il reste un passage obligatoire pour les diacres et les prêtres.
L'Ordre "sacramentel" n'a que 3 degrés: diaconat, presbytérat, épiscopat (je ne dit pas sacerdoce pour le presbytérat puisque que l'épiscopat est la plénitude du sacerdoce). Déjà le concile de Trente envisageait qu'un ordonné "mineur" ne soit pas candidat aux ordres majeurs (XIII, décret 5).
3)
le lectorat n'est absolument pas un sacrement, il n'est qu'un sacramental, il n'imprime aucun caractère, n'a pas été institué par le Christ, il n'est obligatoire pour les futurs diacres que canoniquement, non pour la validité du diaconat: donc quand vous parlez d'
"une innovation sacramentelle majeure, parfaitement contradictoire avec quelques canons conciliaires"
Il ne s'agit pas d'une innovation sacramen
telle mais sacramen
tale et votre phrase
en ordonnant sacramentellement au lectorat les femmes aussi bien que les hommes
est réellement une très grosse erreur théologique, en opposition avec l'enseignement constant du magistère.
Or l'Église est totalement maîtresse des sacramentaux qui ont été institués par Elle et non par le Christ. Une institution ecclésiale peut toujours être modifiée (comme le lectorat l'a été en 1972) ou supprimée (comme les ordres mineurs du portier et de l'exorciste en 1972 pour la forme ordinaire; le statut des minorés de ces deux ordres dans le VOM étant en apesanteur en attendant des éclaircissement de Rome), telle est la liberté de l'Église.
Can. 1167 - § 1. Seul le Siège Apostolique peut constituer de nouveaux sacramentaux ou interpréter authentiquement ceux qui sont en usage, abolir ou changer certains d'entre eux.
Le motu proprio
Ministeria Quædam de 1972 établit des ministères stables ou provisoires de Lecteurs qui sont ainsi résumés dans le Droit canon
Can. 230 - § 1. Les laïcs hommes qui ont l'âge et les qualités requises établies par décret de la conférence des Évêques, peuvent être admis d'une manière stable par le rite liturgique prescrit aux ministères de lecteur et d'acolyte; cependant, cette collation de ministère ne leur confère pas le droit à la subsistance ou à une rémunération de la part de l'Église.
§ 2. Les laïcs peuvent, en vertu d'une députation temporaire, exercer, selon le droit, la fonction de lecteur dans les actions liturgiques; de même, tous les laïcs peuvent exercer selon le droit, les fonctions de commentateur, de chantre, ou encore d'autres fonctions.
Le 1er paragraphe réserve l'institution stable aux hommes, le 2nd concerne les deux sexes pour la députation temporaire. La modification envisagée concerne donc la restriction du §1:
mais soyons logique, pourquoi, sur quels critères, pour quelle raison théologique (si ce n'est de convenance, mais cela tombe puisqu'aujourd'hui il n'y a plus de lien avec le sacerdoce) refuser de manière stable ce qu'on accorde de façon temporaire uniquement sur une différence de sexe?
Même s'il s'agirait là d'une innovation sacramen
tale majeure, en rupture totale avec la tradition bimillénaire des Églises apostoliques, il n'y a rien qui empêche le pape de le faire, puisque cela ne touche ni la foi, ni les mœurs, ni la discipline sacramen
telle et que le droit canon lui en donne le droit...