"...De fait, en ce qui concerne la présence réelle du Christ dans les espèces eucharistiques, le Concile de Trente déclare : in almo sanctae Eucharistiae sacramento post panis et uini consecrationem Dominum nostrum lesum Christum uerum Deum atque hominem uere, realiter ac substantialiter sub sperie illamm rerum sensibilium contineri, « dans le vénérable sacrement de la sainte Eucharistie, après la consécration du pain et du vin, notre Seigneur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, est vraiment, réellement et substantiellement contenu sous l'apparence de ces réalités sensibles » (DS1651).
Par ailleurs, saint Thomas d'Aquin avait déjà défini l'Eucharistie latens Deitas (Saint Thomas d'Aquin, Hymne Adoro Te dévote). La foi dans la présence réelle du Christ sous les espèces eucharistiques appartenait déjà alors à l'essence de la foi de l'Église catholique et faisait partie intégrante de l'identité catholique. Il était clair qu'on ne pouvait édifier l'Église si une telle foi venait à peine à être ébranlée.
Donc, l'Eucharistie, pain transsubstantié en Corps du Christ et vin en Sang du Christ, Dieu parmi nous, devait être accueillie avec émerveillement, avec le plus grand respect et dans une attitude d'humble adoration. Le Pape Benoît XVI, en se référant aux paroles de saint Augustin : "nemo autem illam carnem manducat, nisi prias ado-rauerit; peccemus non adorando" « que personne ne mange cette chair sans d'abord l'adorer; nous pécherions si nous ne l'adorions pas » (Enarrationes in Psalmos 98, 9 ; CCL 39, 1385), souligne le fait que « recevoir l'Eucharistie signifie se mettre en attitude d'adoration envers Celui que nous recevons. [...] Ce n'est que dans l'adoration que peut mûrir un accueil profond et vrai » (Benoît XVI - Sacramentum Caritatis 66).
Selon cette tradition, il est évident qu'adopter des gestes et des attitudes du corps et de l'esprit qui facilitent le silence, le recueillement, l'humble acceptation de notre pauvreté face à la grandeur infinie et à la sainteté de Celui qui vient à notre rencontre sous les espèces eucharistiques, devenait cohérent et indispensable. La meilleure façon d'exprimer notre sentiment de révérence à l'égard du Seigneur-Eucharistie était de suivre l'exemple de Pierre qui, comme nous dit l'Évangile, se jeta à genoux devant le Seigneur en lui disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un pécheur » (Lc 5, 8).
Aujourd'hui, comme nous le voyons dans certaines églises, une telle pratique est tombée toujours plus en désuétude, et les responsables non seulement exigent que les fidèles reçoivent la Sainte Eucharistie debout, mais ont même été jusqu'à supprimer les agenouilloirs, obligeant les fidèles à s'asseoir ou à se tenir debout, même durant l'élévation des Espèces eucharistiques présentées pour être adorées. Le comble est de constater que de telles mesures ont été prises dans les diocèses, par les responsables de la liturgie, ou dans les églises, par les curés, sans même consulter le moins du monde les fidèles, alors qu'aujourd'hui, plus que jamais, on parle dans de nombreux milieux de démocratie dans l'Église..."
Mgr Malcolm Ranjith écrit ici la préface d'un livre d'un évêque du Kazakhstan . Il était alors Secrétaire de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements en 2008 .
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