-+IHS+-
très chère Balbula. Nous qui sommes mères "avec de la bouteille", nous savons que l'enfantement de chacun de nos enfants dure toute la vie. Du moins, c'est mon expérience, limitée à deux fils il est vrai.
Votre témoignage, c'est certain, en éclairera plus d'un sur ce forum. Et pour ma part, mon intention n'est pas de faire la morale à qui que ce soit, juste comme vous de témoigner.
Quand on fait de l'élevage, on a des résultats "primés": on vend bien ses produits et on ramasse des médailles aux concours agricoles.
L'éducation de nos enfants nous vaut des joies et des peines, et le cœur des parents, des mères, est équipé pour ces joies et ces peines.
Ce n'est pas ici-bas que nous aurons notre récompense, c'est là-haut.
C'est une chance, d'ailleurs car les récompenses d'ici-bas ont pour seul effet de nous gonfler d'orgueil et par voie de conséquences, de nous rendre plus durs vis à vis des autres, y compris des nôtres.
Pour avoir comme vous traversé (et ce n'est certainement pas fini!)des épreuves angoissantes avec 100% des mes enfants (même si je n'ai que deux fils!) je sais ce que votre expérience compte de douleur et de chagrin; je sais aussi que votre cœur s'est attendri et agrandi à chaque nouvelle épreuve.
D'une certaine manière, c'est de cette façon que le Bon Dieu nous fait comprendre quel père Il est, comme vous l'exprimez si bien en évoquant les larmes de Notre Dame. C'est une manière de nous forger le caractère, de nous tremper le tempérament dans l'amour et pas dans la "technicité".
Comment pourrions nous comprendre le chagrin de la Sainte Mère de Dieu si nous n'éprouvions pas ces chagrins nous-même?
Comment pourrions nous imaginer les déceptions de Dieu le Père si nous n'étions pas nous même déçus, et parfois atterrés, par les agissements de nos rejetons?
Ce n'est pas par hasard que le Christ nous donne ces références parentales comme clef de ses enseignements, et sa propre mère pour nous épauler.
A l'image de Notre Père, il faut savoir garder confiance en nos enfants. Si nous perdons confiance en eux, nous gâchons toutes nos chances de faire notre métier de parents, c'est à dire de les élever.
Le père du fils prodigue est à cet égard un exemple à méditer.
Nos enfants sont faits de la même pâte que nous, il n'y a donc pas de raisons pour qu'ils soient des
zaffreux! Ils se trompent, ils se fourvoient, ils nous crèvent le cœur, mais ils sont notre sang et c'est à nous de les porter, et de les porter encore. Il n'y a pas d'alternative.
Soit nous les aimons et nous les portons, soit nous les poussons à leur perte, qui sera aussi la nôtre.
Voilà pourquoi la prière est la plus efficace des méthodes éducatives et le pardon le meilleur des pédagogues.
Si je me permet d'affirmer cela, c'est que j'ai été moi-même un enfant rebelle, et pourtant ma mère appliquait à la lettre les bonnes "recettes" énumérées par Ecclesiola.
Mais les recettes ne firent rien si ce n'est aggraver ma révolte. C'est l'amour inconditionnel, rieur et vigilant de ma grand-mère qui m'a gardé ce cœur d'enfant qui fait que l'on reste malgré tout un enfant de Dieu et que l'on sent la présence de notre ange gardien. C'est un peu le "couteau suisse" de l'âme.
Un couteau suisse dont nous avons tous tellement besoin!
Les temps que nous vivons sont terribles et ne nous trompons pas: la dureté des temps éprouvent nos enfants autant que nous-même, certainement plus que nous-même car nous avons eu la chance de naître à une époque moins relativiste, moins dépravée que les jours d'aujourd'hui. Nous avons eu le temps de nous construire une colonne vertébrale avant de subir les assauts du siècle, pas eux: ils sont tombés dedans en voyant le jour. Pas étonnant qu'ils aient du mal à trouver le droit chemin.
Balbula, le Bon Dieu a donné à chacun de vos enfants un ange gardien en plus de l'amour de leur mère. Votre amour et cet ange est au fond de leur cœur et le jour viendra où ils sentiront cette chaleur et alors ils seront réconciliés avec le Bon Dieu et avec vous.
Ayez confiance en vous, ayez confiance en eux, ayez confiance en Jésus-Christ qui nous sauve en mourant sur la croix.
Et ne soyez plus triste.