parce que cela est douloureux et que l'on n'aime jamais déballer ses plaies en public. Mais si cela peut servir d'avertissement à d'autres qui seront ... "moins éprouvés" (je ne crois pas que "malchanceux" soit adéquat), je vais tâcher de le faire le moins mal possible.
Je n'ai jamais eu l'assurance de bien faire ni ne me suis donnée en exemple. J'ai toujours fait le mieux que je croyais être à faire.
La moitié de nos dix enfants a abandonné la pratique religieuse ou la néglige (ils viennent de temps à autre, mais se trouvent facilement des excuses pour ne pas venir). Chez un d'entre eux, cela va jusqu'au rejet d'un révolté, parce que ses affaires vont bien mal. Certains ont eu aussi des mauvaises expériences qui les ont éloigné du prêtre. Les quatre garçons parmi eux voulaient tous, durant une assez longue période de leur vie, devenir prêtres ou religieux. Mais ce manque d'amis catholiques avec qui partager leur foi leur a fait, à cette période critique de l'adolescence, chercher des amis coûte que coûte. C'est l'âge où on expérimente l'appartenance et l'identification à un groupe et pour être accepté de ce groupe, un ado est capable, petit à petit, d'aller très loin.
Pour aggraver le tout, une personne très proche, croyant bien faire et tuer dans l'oeuf la rébellion qui couvait, a cru bon de faire appel aux services sociaux. Et cela a été l'enfer sur terre. Une boule dans un jeu de quilles. Tous les principes que nous avions cherché à transmettre aux enfants se voyaient critiqués, remis en question, avec notre autorité, par les travailleurs sociaux, surtout tout ce qui pouvait avoir trait à la religion où à la morale chrétienne. Ils ont fait de nos enfants des manipulateurs toujours à revendiquer, à "négocier" avec la théorie du "donnant-donnant" et finalement à faire tout ce qu'ils voulaient dès qu'ils le pouvaient pour les pires d'entre eux. Ils n'en sont pas plus heureux, au contraire. Ils ne cessent d'accumuler des tuiles. Mais il y a comme un voile opaque qui obscurcit leur conscience et l'orgueil est grand à cet âge. Revenir en arrière serait bien difficile.
Alors il faut prier et faire pénitence et offrir nos pauvres larmes pour eux en pensant que la Vierge Marie a une encore plus grande proportion d'enfants dans le même état et qu'elle prie et pleure pour eux sans relâche.
Heureusement, je crois que les cinq autres en tirent une leçon et qu'ils se raccrochent davantage. Les services sociaux les ayant lâché (enfin!), ils se replacent petit à petit. Mais rien ne sera plus jamais pareil.
Voilà. Je ne souhaite à personne, pas même à mon pire ennemi, une épreuve pareille. Elle a de quoi briser quelqu'un. Elle nous a fait perdre certains amis aussi, car tous n'acceptent pas une telle horreur sans chercher à mettre le blâme sur tel ou tel et blesser encore davantage, par des jugements téméraires et des injustices.
Union de prières
Balbula |