Je ne rentrerai pas dans d’interminables discussions sur la description physique de Jésus puisque la seule affirmation que nous offre l’Écriture est qu’il portait la barbe (puisque les soldats s’amusaient à la lui arracher lors de sa passion).
Je ne développerai pas plus ma conviction que, malgré cette absence de description d’une beauté physique selon des critères préétablis par une esthétique mondaine et variable, Jésus fut humainement beau : «
le plus beau des enfants des hommes » selon le psaume royal (44).
Mais je voudrais, plus véritablement affirmer que c’est en Lui que nous est révélé ce qu’est la beauté, que c’est par Lui que nous renouvelons notre regard pour la voir, que c’est de Lui que nous recevons les critères pour la discerner et la grâce pour en participer et la diffuser.
Et c’est cela qui me fait bondire quand je lis sous votre plume (votre clavier).
Sur son apparence physique, nous pouvons juste nous risquer à imaginer que le Christ devait ressembler à ses contemporains, et était par humilité, ni beau ni laid.
D'où tenez-vous que l'humilité interdirait d'être beau ?
L'humilité embellie d'elle-même le plus disgracieux.
L’humilité trouve sa gloire dans la lumière de la vérité, non pas dans l’ombre pâle d’un affadissement volontaire qui, sous prétexte d’abaissement, répudierait les dons de Dieu.
Pensez-vous vraiment que Marie, «
l’humble servante » ne fut pas, justement parce qu’elle est la plus humble, la plus belle créature de Dieu.
A chaque fois que Dieu crée «
Il vit que cela était beau ! » et même «
très beau » pour l’homme. S’il est vrai que notre péché a enlaidi cette création, l’action de grâce ne permet-elle pas justement – par cette humilité qui rend son œuvre à Dieu, triomphant de l’orgueil destructeur – de lui rendre cet hommage de la beauté qui vient de Lui ?
Pardonnez moi si je m’emballe, mais j’ai comme le sentiment qu’opposer humilité et beauté ressort des mêmes contradictions que d’opposer charité et vérité, ou obéissance et liberté…
Oui, vous avez raison, je m’emballe sans doute…
Abbé Gédéon