Sur son apparence physique, nous pouvons juste nous risquer à imaginer que le Christ devait ressembler à ses contemporains, et était par humilité, ni beau ni laid.
D'où tenez-vous que l'humilité interdirait d'être beau ? L'humilité embellie d'elle-même le plus disgracieux. L’humilité trouve sa gloire dans la lumière de la vérité, non pas dans l’ombre pâle d’un affadissement volontaire qui, sous prétexte d’abaissement, répudierait les dons de Dieu. Pensez-vous vraiment que Marie, « l’humble servante » ne fut pas, justement parce qu’elle est la plus humble, la plus belle créature de Dieu. A chaque fois que Dieu crée « Il vit que cela était beau ! » et même « très beau » pour l’homme. S’il est vrai que notre péché a enlaidi cette création, l’action de grâce ne permet-elle pas justement – par cette humilité qui rend son œuvre à Dieu, triomphant de l’orgueil destructeur – de lui rendre cet hommage de la beauté qui vient de Lui ? Pardonnez moi si je m’emballe, mais j’ai comme le sentiment qu’opposer humilité et beauté ressort des mêmes contradictions que d’opposer charité et vérité, ou obéissance et liberté… Oui, vous avez raison, je m’emballe sans doute… Abbé Gédéon