Le texte de référence pour la pastorale des migrants n'est pas dans le C.E.C. qui est un catéchisme donc résume forcément l'énorme enseignement magistériel.
Si le C.E.C. était l'alpha et l'omega, suffisait à tout façon Livre rouge des pensées du président Mao autrefois, cela se saurait. Le Saint-Père pourrait dissoudre 90% de la Curie romaine et se borner dans ses audiences à lire un article dudit Catéchisme. Il se dispenserait aussi d'écrire des encycliques, des motu proprio, et d'approuver des Instructions thématiques des dicastères.
J'ai à de très nombreuses reprises donné le texte de référence qui est édité par LE dicastère compétent, celui précisément qui est en charge de, devinez quoi, "la pastorale des migrants et des personnes en déplacement" (ce qui inclus les migrations courtes).
ERGA MIGRANTES CARITAS CHRISTI de 2004.
Voici le lien en français :
http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/migrants/documents/rc_pc_migrants_doc_20040514_erga-migrantes-caritas-christi_fr.html
Puisqu'il vous est si dur de vous y référer, voici ce que dit ce texte mesuré et bien plus complexe qui n'esquive pas la question de la légalité mais ne donne pas pour autant dans le pharisaïsme aveugle que vous semblez préconiser, à coup de citations partielles.
Les articles 39 à 43 "Accueil et charité" :
"39. Les migrations constituent donc un événement qui touche aussi à la dimension religieuse de l’homme; elles offrent aux migrants catholiques l’occasion privilégiée, bien que souvent douloureuse, d’acquérir un sens accru de leur appartenance à l’Église universelle, au-delà de toutes les particularités.
À cette fin, il est important que la communauté ne considère pas que sont devoir envers les migrants puisse se limiter simplement à poser des gestes d’aide fraternelle ou encore de soutenir des lois parcellaires qui favorisent leur digne insertion dans la société et qui respectent l’identité légitime de l’étranger. Les chrétiens doivent se faire les promoteurs d’une véritable culture de l’accueil (cf. EEu 101 et 103), qui sache apprécier les valeurs authentiquement humaines d’autrui, au-delà des nombreuses difficultés que comporte la convivialité avec des personnes différentes de nous (cf. EEu 85, 112 et PaG 65).
40. Les chrétiens réalisent tout cela en pratiquant un accueil véritablement fraternel, répondant à l’invitation de saint Paul : «Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu» (Rm 15,7)[46].
Assurément, ce simple appel, aussi inspiré et pressant soit-il, ne donne pas une réponse automatique et concrète à ce qui nous harcèle jour après jour. Il n’élimine pas, par exemple, une peur diffuse ni l’insécurité des personnes ; il n’assure pas le respect nécessaire de la légalité et la préservation de la communauté d’accueil. Mais l’esprit authentiquement chrétien donnera la manière de procéder et le courage pour affronter ces problèmes et il suggérera les moyens concrets par lesquels, dans la vie quotidienne de nos communautés chrétiennes, nous sommes appelés à les résoudre (cf. EEu 85 et 111).
41. C’est pourquoi l’Église entière du pays d’accueil doit se sentir intéressée et mobilisée par la question des migrants. Les Églises particulières doivent donc repenser et programmer une pastorale aidant les fidèles à vivre une foi authentique dans le nouveau contexte actuel, multiculturel et plurireligieux[47]. Avec le concours d’Assistants sociaux et pastoraux, il faut faire connaître aux autochtones les problèmes complexes des migrations et s’opposer aux suspicions infondées ou aux préjugés qui sont des offenses à l’égard des étrangers.
Dans l’enseignement de la religion et la catéchèse, il conviendra de trouver les moyens appropriés pour faire naître dans la conscience chrétienne le sens de l’accueil, en particulier envers les plus pauvres et les marginaux, comme le sont souvent les migrants. Un accueil entièrement fondé sur l’amour du Christ, sûrs que le bien fait au prochain, surtout aux plus nécessiteux, par amour de Dieu, est fait à Dieu lui-même. Ces catéchèses, toutefois, ne pourront pas ne pas faire références aux graves problèmes qui précèdent ou accompagnent le phénomène migratoire, notamment la question de la démographie, du travail et de ses conditions (phénomène du travail au noir), de la charge des personnes âgées, la criminalité, l’exploitation, le trafic et la traite d’êtres humains.
42. Il est certes utile et juste de distinguer, en ce qui concerne l’accueil, les termes d’assistance en général (ou premier accueil, plutôt à court terme), d’accueil à proprement parler (dans une perspective à plus long terme) et d’intégration (objectif à très long terme, à poursuivre dans la continuité et dans le sens juste du terme).
Les Agents pastoraux dotés de compétences spécifiques dans le domaine des médiations culturelles – agents dont nos communautés catholiques aussi doivent s’assurer les services – sont appelés à apporter leur aide, en associant l’exigence légitime d’ordre, la légalité et la sécurité dans la société avec la vocation chrétienne concrète d’accueil et de charité. Il faudra aussi faire en sorte que tous se rendent compte des avantages, non seulement économiques, qu’apportent aux pays industrialisés les flux migratoires régulés et que, en même temps, ils prennent toujours plus conscience que derrière ces bras dont on a besoin il y a des personnes, c’est-à-dire des hommes, des femmes, et des cellules familiales entières, avec enfants et personnes âgées.
43. Les actions d’assistance ou de «premier accueil» (qu’il suffise d’évoquer par exemple les «foyers des migrants » surtout dans les pays de transit vers les destinations d’accueil) restent quoi qu’il en soit d’une grande importance pour faire face aux urgences qui viennent du flux migratoire lui-même: nourriture, logement, santé, aide économique, centres d’écoute. Les actions de «véritable et plein accueil» sont tout aussi décisives, elles qui ont pour but de parvenir à l’intégration progressive et à l’autosuffisance de l’étranger immigré. Citons plus particulièrement les efforts faits en vue des regroupements familiaux, de l’éducation des enfants, du logement, du travail, de la vie associative, de la promotion des droits civils et des diverses formes de participation des immigrés à la vie sociale dans le pays d’accueil. Les associations religieuses, socio-caritatives et culturelles d’inspiration chrétienne devront, en outre, s’efforcer d’associer les immigrés à leurs structures elles-mêmes."
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