Oui, ce serait chouette, un "gratuit" qui parlerait comme "Présent" ! Ou "Présent" gratuit !
Nous aurions, pour payer: les journalistes, les agences de presse (un "gratuit", c'est tout de même une belle proportion de dépêches brutes), les maquettistes, le papier, l'impression quotidienne, les circuits de distribution pour fournir les présentoirs dans toutes les grandes villes, les employés qui proposent les numéros à la sortie des bouches de métro, et puis bien sûr les charges sociales…
Eh bien, nous aurions un budget pub faramineux ! Les grandes surfaces (vous savez, celles qui développent leur rayon hallal) en assurerait bien 10 %. Les labos pharmaceutiques oublieraient de produire des contraceptifs et nous financeraient pour… allez : 5 %. Nos annonceurs naturels (oui, ceux qui à l'heure actuelle nous expliquent qu'ils voudraient bien aider "Présent", mais qu'ils ne peuvent pas, vis-à-vis de leur clientèle, prendre le risque de faire publiquement état de leur soutien) prendraient bien 5 % supplémentaires.
Puis il y a les marchands de voitures, de meubles, d'équipements divers, de parfums, de mode, les constructeurs, soudain acquis à nos idées, assez en tout cas pour ne pas nous menacer de couper les fonds le jour où le journal exprimerait une opinion susceptible d'agacer une part de leur clientèle potentielle ?
Parce que dans ce joli rêve, tout, véritablement tout aurait changé.
Mais alors, aurait-on encore besoin de nous ?
Amitiés…
(Et désolée de parler comme ça dans un "fil" par ailleurs passionnant, mais c'est pour le plaisir de répondre à Athanase !)
Jeanne Smits |