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JUILLET 2003 A MARS 2011

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J'ajoute ma prose... Imprimer
Auteur : Yves Daoudal
Sujet : J'ajoute ma prose...
Date : 2010-08-20 20:01:34

Daoudal Hebdo N° 79

L’offertoire

En novembre dernier, Mgr Raffin, évêque de Metz, manifestait, dans une interview au Républicain lorrain, tout son mépris envers les catholiques attachés à la liturgie tridentine dans son diocèse. Il disait qu’il n’allait pas les voir et qu’il n’avait pas l’intention d’y aller, que ce sont « essentiellement des jeunes qui idéalisent un passé qu’ils n’ont pas connu », qui « se trompent de siècle », et, qu’en fait, « ce n’est pas grand-chose en soi » (sic).
Ces propos repris sur le blog Perepiscopus ont été reproduits sur le blog Summorum Pontificum, qui a attiré l’attention sur un texte de Mgr Raffin paru en 2002 dans un livre collectif des éditions de l’Homme nouveau à propos de celui du cardinal Ratzinger L’esprit de la liturgie. Dans son texte, Mgr Raffin se dit « heureux » de la disparition des prières de l’offertoire, dont il est, dit-il « en mesure de démontrer le caractère hétéroclite » (et il parle ensuite d’« imperfection théologique »). En revanche il n’est pas en mesure de les citer correctement, puisqu’il y a une faute grossière dans chacune des deux citations qu’il en fait.

Des « germes d’erreurs théologiques »…

Ce que Mgr Raffin est « en mesure de démontrer », c’est ce qui a été dit et répété plus de 30 ans auparavant. Je n’y ai donc guère prêté attention. Mais je découvre que Denis Crouan (Pro Liturgia) avait alors appuyé le propos de Mgr Raffin en un long texte plein de précisions sur les prières de l’offertoire, qu’il fallait supprimer parce qu’elles ont été ajoutées au vrai rite romain entre le IXe et le XIe siècle et qu’elles ne sont donc pas traditionnelles (la « tradition » consistant à supprimer la tradition, on connaît cela depuis longtemps). Mais on ne sait pas si c’est pour faire plaisir à Mgr Raffin que Denis Crouan multiplie lui aussi les fautes dans ses citations…
Mgr Raffin parle d’imperfection théologique. Denis Crouan va plus loin en relevant des « germes d’erreurs théologiques ». Dans des prières canonisées par saint Pie V et par toute l’Eglise latine du moyen âge à Vatican II… Encore une fois, ce n’est pas nouveau. On connaît l’argument central : ces prières parlent des oblats comme s’ils étaient déjà consacrés. Elles appellent « immaculatam hostiam » un morceau de pain, et « calicem salutaris » ce qui n’est que du vin.
Et voici que cela revient, une fois de plus, en discussion…
Nous sommes ici au cœur même de l’erreur de la réforme liturgique, qui consiste à traiter de textes sacrés avec une mentalité profane, à évaluer l’expression du Mystère avec des outils rationnels.
La liturgie ne se déroule pas dans le temps profane, mais dans un temps sacré qui est celui de l’éternité. La messe nous met en présence du Sacrifice du Christ, c’est-à-dire tout à la fois et en même temps de son incarnation, de sa mort sur la croix, de sa résurrection et de son ascension. Elle s’étend aussi et dans le même temps, d’une part à Abel et à Melchisédech, d’autre part à la Jérusalem céleste. Le temps linéaire de ce monde n’a rien à faire dans la célébration du Mystère. Cette célébration est UNE, du « début » à la « fin » de la messe. Et c’est en raison de cette unité que les prières de l’offertoire peuvent parfaitement « anticiper » sur la consécration. Car il n’y a pas plus d’anticipation que de rétroactivité dans la messe.

Quand l’Agneau est immolé à l’offertoire

Dans la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, l’offertoire se déroule avant le début de l’action publique. Le premier geste du prêtre (après le lavement des mains, accompagné du même psaume que dans la messe de saint Pie V) est de découper la grande hostie pour en prélever le fragment central qui sera consacré et qui s’appelle l’Agneau. Les autres fragments figurent la Mère de Dieu, les saints, les vivants et les morts : le Christ (ressuscité) est ainsi au centre de son Eglise (triomphante, militante, souffrante). Puis le prêtre porte un coup de lance au côté droit de l’Agneau en disant : « Est immolé l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde, pour la vie et le salut du monde. » Et alors commence la messe…
Il y a là de quoi faire hurler les Crouan, les Raffin, et tous les « experts » qui ont fabriqué la messe de Paul VI. Mais, puisqu’ils ont perdu le sens de la liturgie, ils ont perdu aussi le droit de faire la leçon à ceux qui en vivent.


La discussion

 Le grand retour de l’offertoire sacrificiel...ab [...], de Diafoirus [2010-08-20 12:16:49]
      Un peu rapide quand même !… et cadeau, de Jeanne Smits [2010-08-20 13:15:25]
          Merci !, de Jeanne Smits [2010-08-20 14:25:46]
              petite pub pour mettre l'eau à la bouche ... seul [...], de jejomau [2010-08-20 14:30:06]
          A quand une version gratuite de Présent ?, de Athanase [2010-08-20 17:32:57]
              Pour poursuivre votre rêve…, de Jeanne Smits [2010-08-21 10:33:01]
      chez les orientaux, toujours un offertoire, mais d [...], de Presbu [2010-08-20 17:03:29]
          J'ajoute ma prose..., de Yves Daoudal [2010-08-20 20:01:34]
              ...et j'ajoute le lien vers le texte (en anglais)  [...], de Père M. Mallet [2010-08-20 20:50:12]
                  Tant qu'à faire..., de Yves Daoudal [2010-08-21 12:54:41]