Compliquons un peu le cas de notre prisonnier en danger de faire des révélations sous la torture.
Imaginons qu’au lieu d’avaler une capsule de cyanure (il se donne directement la mort), il se mette à courir et escalader les barbelés, en étant quasiment certain qu’il sera abattu (littéralement, il « court au suicide »). Il ne court pas pour s’échapper, il sait qu’il n’a aucune chance raisonnable d’y parvenir.
L’action en elle-même (courir) n’est pas mauvaise. Mais indirectement elle lui apporte sûrement la mort (effet mauvais).
L’effet mauvais est qu’il sera abattu.
L’effet bon est qu’il ne trahira pas.
L’effet bon n’est pas directement la conséquence de l’effet mauvais au regard de la règle de discernement proposée : si jamais il n’est pas abattu, peut-être qu’il s’échappera finalement quand même, même si c’est improbable, et ne trahira pas. Auquel cas l’effet bon subsistera même si l’effet mauvais ne se produit pas.
Il ne recherche pas secrètement l’effet mauvais, toutefois il pense que l’effet mauvais au moins l’empêchera de trahir.
Alors, moral ou pas ?
Bien à vous
Une Ame
|