Un cul-de-jatte aura des jambes, un manchot aura un bras... et quelqu'un qui aura donné ses cornées, son coeur ou ses poumons aura ses cornées, son coeur et ses poumons, en bon état
(souvenirs d'un sermon sur le sujet, après la parution de l'ouvrage sur les dons d'organes cité plus bas)
N'oubliez pas :
En ce jour-là, les sourds entendront les paroles du livre, et, sortant des ténèbres et de l'obscurité, les aveugles verront.
Isaïe 29-18
Extrait de l'ouvrage "les dons d'organes aux éditions du sel p 42-43
Les homogreffes d'un mort à un vivant
Quelques exemples
Après les homogreffes entre vivants, il nous faut considérer celles qui se pratiquent
d'un mort à un vivant.
La transplantation de structures et de tissus anatomiques non-vitaux de l'animal à l'homme [...]
trouve son pendant dans le transfert de ces mêmes tissus d'un cadavre humain à un homme. De
telles homogreffes statiques, ou transplantations homologues, sont fréquentes en chirurgie osseuse
et vasculaire, ainsi que dans la transplantation de cornée 1.
Nous conserverons le terme de greffes, par commodité de langage, tout en gardant
présentes à l'esprit les précisions données par Pie XII qui signalait qu'il valait mieux
parler d'implant ou d'inclusion que de greffe, car le mort n'est plus un homme 2.
En soi, les prélèvements d'organe sur un cadavre sont licites
En soi, selon l'enseignement de Pie XII, le prélèvement d'un organe sur un mort
pour l'implanter sur un vivant ne représente pas de difficulté du point de vue moral :
Du point de vue moral et religieux, il n'y a rien à objecter à l'enlèvement de la cornée d'un
cadavre, c'est-à-dire aux kératoplasties lamellaires aussi bien que perforantes, quand on les
considère en elles-mêmes.
Pour qui les reçoit, c'est-à-dire le patient, elles représentent une restauration et la correction
d'un défaut de naissance ou accidentel.
À l'égard du défunt dont on enlève la cornée, on ne l'atteint dans aucun des biens auxquels il a
droit, ni dans son droit à ces biens :
— Le cadavre n'est plus, au sens propre du mot, un sujet de droit ; car il est privé de la
personnalité qui seule peut être sujet de droit.
— L'extirpation n'est pas non plus l'enlèvement d'un bien ; les organes visuels, en effet, (leur
présence, leur intégrité) n'ont plus dans le cadavre le caractère de biens, parce qu'ils ne lui servent plus et n'ont plus aucune relation à
aucune fin.
Cela ne signifie pas du tout qu'à l'égard du cadavre d'un homme, il ne pourrait y avoir, ou il n'y
ait pas en fait, des obligations morales, des prescriptions ou des prohibitions ; cela ne signifie pas
non plus que les tiers, qui ont le soin du corps, de son intégrité et du traitement dont il sera l'objet,
ne puissent céder, ou ne cèdent en fait, des droits et des devoirs proprement dits. Bien au contraire
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(Les éditions du Sel se trouvent à Avrillé)
Les Dons d'organes
Par l'abbé François KNITTEL (FSSPX), l'abbé Giuseppe ROTTOLLI (FSSPX) et le frère Marie-Dominique (O.P.)
76 pages
Depuis plusieurs années, la médecine moderne est dans une phase de grands progrès techniques. Ce fait incontestable ne va pas sans soulever des difficultés morales. Côtoyant divers sujets de réflexion (comme le clonage thérapeutique dont l'objet est la production de cellules souches embryonnaires ayant le même génome que l'individu cloné), les questions des dons d'organes et de mort cérébrale sont d'actualité.
Cette brochure comprend deux parties. La première, plus vaste, traite de la question de la transplantation d'organes, opération qui consiste à remplacer un organe vital défaillant d'un malade en implantant un organe sain prélevé sur une personne vivante ou en état de mort cérébrale. Cette partie répond, à la lumière de la morale catholique, au problème général des dons d'organes.
La seconde partie, traite plus spécifiquement de la question de la «mort cérébrale». Officiellement, le concept de «mort cérébrale» s'applique quand le cerveau s'est définitivement arrêté de fonctionner et qu'il est entièrement détruit. L'activité cardiaque et la respiration peuvent cependant être artificiellement maintenues quelques heures. Cette définition officielle pose-t-elle problème en soi, et est-elle toujours respectée en fait ? Cette partie expose l'histoire du concept de «mort cérébrale» élaboré à partir de 1967 afin de justifier le prélèvement d'organes vitaux - fonctionnant encore - sur des personnes prétendument «mortes».
A ces deux grandes parties, est adjointe une recension faite par le frère Marie-Dominique O.P. d'un article paru dans Le Courrier de Rome sur les prélèvements d'organes.
Ainsi, ce dossier répond à l'une des nombreuses interrogations que posent, d'une façon générale, la science et la médecine modernes à tout catholique voulant respecter le cinquième commandement de Dieu.