...Patricia Douglas VICOMTE qui, contrairement à Jean Guitton, a assisté de nombreuses années aux offices protestants (de l'Église Presbytérienne Écossaise). Dans son bulletin paroissial de mars 1978, l'abbé Sulmont, le célèbre curé de Domqueur, avait demandé le témoignage de convertis. En réponse, elle lui décrit l'impression que lui a fait l'assistance à l'ancienne, puis à la nouvelle messe :
Mon père nous conduisait alors, ma soeur et moi, au temple presbytérien écossais de Bruxelles tous les dimanches. C’est à ce moment-là — j’avais 14 ans — que je lus des passages de Bossuet concernant l’Eucharistie, que je visitai la cathédrale de Chartres et que je connus une vie de saint François d’Assise. Ces trois témoignages me mirent en présence de la foi catholique en la Présence réelle.
Sans beaucoup hésiter je crus en ce dogme parce qu’il me convainquit que les paroles de Notre Seigneur, surtout dans le chapitre VI de saint Jean, étaient vraies et non pas, comme lorsque je questionnais le pasteur à Bruxelles, des mots dits par Notre Seigneur et qui ne voulaient pas dire ce qu’ils semblaient entendre. La conclusion de cette découverte fut de reconnaître que l’Eglise, où se conservait depuis le commencement la Présence réelle du Christ parmi les hommes, était la seule possédant la vérité complète.
J’assistai à la Messe pour la première fois quelques années plus tard, en cachette. Ce fut dans une chapelle d’un pensionnat et en semaine. J’étais encore très ignorante des rites de la Messe, je ne connaissais pas le latin et c’était une messe basse. Eh bien, je suis heureuse de témoigner aujourd’hui que cette Messe fut pour moi la certitude que j’assistais non plus à un culte fait par l’homme, et où on parlait, on priait — on lisait sans cesse à haute voix ainsi que cela se passait dans le Temple où nous allions, mais que j’assistais à un Mystère, à l’acte sacrificiel par excellence, où était re-présenté pour nous le sacrifice sanglant du Calvaire dans toute sa réalité et que, devant cet acte, il suffisait d’adorer, de remercier et de s’unir. Jamais je ne me suis sentie aussi unie avec des inconnus qu’à la Messe catholique.
Si d’ailleurs aujourd’hui depuis quelques années je ne peux plus assister à la nouvelle Messe, c’est parce que j’y retrouve l’atmosphère du Culte protestant — un culte digne peut-être, mais sans vie. C’est l’homme penché sur lui-même, sur ses difficultés et non plus l’homme qui s’humilie, se prosterne et adore quelqu’un qui est là.
Si la religion dans son culte n’est pas la révélation d’autre chose, d’une autre réalité, à quoi sert-elle ? Je pense que beaucoup sentent cela aujourd’hui et quittent l’Eglise à cause de cela.