...que la première chose à faire, c’est de les traiter avec courtoisie. Ne les laissez pas sur le pas de la porte : invitez-les à entrer chez vous, donnez-leur un verre d’eau, asseyez-les dans votre sofa. En règle générale, ça fait deux heures qu’ils font du porte-à-porte (avec les réactions que vous imaginez de la part des sans-foi). Ils vous en sauront immensément gré. En plus, vous passez du rôle de cible de propagande à celui d’hôte sympathique, ce qui change la dynamique du dialogue du tout au tout.
Sachez aussi que s’ils y sont deux (presque toujours le cas), ils jouent l’un pour l’autre le rôle de commissaire politique et d’espion de la Stasi. Ni l’un ni l’autre ne sera prêt à vous concéder quoi que ce soit tant que l’autre est présent, de crainte de se faire noter comme ayant des tendances à l’apostasie. Il faut savoir que c’est un culte.
Ensuite, tâchez autant que possible de les cerner sur la discipline de leur faction, plutôt que les dogmes (là, autant parler à des perroquets, comme on a dit).
Par ex. : « Si je rejoins les Témoins, mais qu’ensuite je me ravise, comment serai-je traité ? Demeurerons-nous amis ? » (sachant que l’excommunication chez eux est sévère)
Ou encore : « Si ma famille refuse de me suivre chez les Témoins, serai-je obligé de les laisser tomber ? »
Ou encore : « Les paroles de l’Évangile s’appliqueront-elles toujours à moi, comme dans le catholicisme, ou bien est-ce que tout cela ne s’applique qu’au 144.000 ? »
Bon j’abrège, mais la dame en question dit que toutes les questions difficiles qu’on lui a posées lui sont revenues en trombe dès les premiers soupçons, qui eux avaient été attisés par la gentillesse et l’hospitalité.
-Eucher, qui connaît l’effet d’un verre d’eau l’été après deux heures de porte-à-porte.
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