Ce sont certes là des questions difficiles qui concernent les frontières de la Justice autant que de la Mansuétude divines. Il y a manifestement une part d'inconnu, et sans vouloir tomber dans le balthasarisme, il y a certainement une prudence à respecter en ces matières.
Toutefois, qu'il me soit permis de faire remarquer plusieurs choses.
D'une part, bien que la personne, l'individu soit en dernière analyse celui qui pèche ou non, il n'en reste pas moins vrai que ceux qui répendent l'erreur, l'hérésie, sont occasions de chutes pour leurs frères. Sinon, pourquoi l'Église aurait-elle combattu les déviations avec autant d'acharnement, alors ? On adhère d'autant moins à une erreur qu'on n'en a jamais entendu parler.
Également, pourquoi certains reçoivent-ils les prières des autres ou les suffrages des saints, vous demandiez-vous ? N'est-ce pas un impair manifeste à la Justice divine, devant laquelle tous ne seraient pas égaux ? L'idée importante ici me semble tenir à l'adjectif « égaux ». L'égalité ( réelle ou présumée ) est une idée moderne, post-chrétienne en somme. Je pense qu'il est fallacieux de prendre la sécurité sociale comme paradigme des opérations de la grâce divine. Si la charité veut certes que tous reçoivent les grâces nécessaires à leur salut, il n'en reste pas moins vrai qu'elles ont surabondé dans certains cas, pour une raison connue de Dieu seul, Lui qui voit « les reins et les coeurs ». Quand nous prions pour quelqu'un, c'est généralement parce que ces personnes nous ont fait du bien ou sur demande d'autres personnes qui ont agi ainsi à notre endroit. Et aussi, c'est un mystère, celui de la Communion des saints, pour ceux qui nous ont fait du mal, pour « ceux qui ne savent pas ce qu'ils font ou qui nous persécutent ». Une manière de faire effuser la grâce divine, sans doute.
In Christo,
PGM
|