Le texte présenté reprend un certain style - à commencer par le tutoiement - qui est significatif d'une certaine partie de l'Eglise... L'ensemble des revendications de cet homme choquent souvent, et les deux commentaires précédents désignent même l'orgueil de ce "pauvre prêtre".
A priori, comme j'ignore tout à fait les conditions de vie au Chili, j'aurais tendance à saluer le dévouement de ce prêtre qui, malgré ses défaillances d'homme (y compris politiques), est tout de même resté près de pauvres gens. De la même façon, comme il le souligne, certains prélats ont pu faire un contre-témoignage évangélique en négligeant ces foules.
L'horreur me semble être située dans un fossé, un décalage profond que lui-même souligne. Soit le prêtre est proche de ces pauvres gens (marxistes pour certains, mais sans doute pas tous), c'est-à-dire hors de son église, loin des sacrements... soit il rentre se cloîtrer dans son église, près des sacrements, et évite le peuple.
Ce constat, vous pouvez le faire facilement aujourd'hui en France. Je pense à certains curés qui parcouraient leur paroisse à pied... il y a 70 ans. On les voyait venir de loin avec leur silhouette ensoutanée caractéristique de leur sacerdoce. Sans nostalgie aucune, force est de reconnaître un certain repli. Pour des raisons pratiques, le curé diocésain commence, en sortant de son presbytère, par... ouvrir la portière de sa voiture! Difficile de communiquer à la croisée des chemins. Idem pour l'abbé de telle ou telle fraternité. Majoritairement, les prêtres vont aujourd'hui dans les maisons où ils ont été invités. Et certains n'hésitent pas à solliciter ces invitations. La plupart des gens, donc, ne voient plus leur curé que... dans l'église, quand ils s'y rendent.
Mais pour revenir à l'objet de la lettre citée, personnellement, j'approuve la condamnation de la théologie de la Libération. Et au lieu d'incriminer le Pape sur sa pseudo-absence d'humanité, je conseillerais plutôt à ce brave prêtre québécois d'associer davantage ces deux mondes intra et extra ecclesia. De surcroît, et contre l'avis de l'abbé Marie-Dominique Chenu (en 1947) qui pensait la vie intérieure comme issue de l'apostolat, je conseillerais à ce brave prêtre de revenir à la pensée de l'abbé Jean-Baptiste Chautard (en 1913) pour admettre la vie intérieure comme source de l'apostolat futur. |