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JUILLET 2003 A MARS 2011

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Auteur : Paulus
Sujet : " L’EMBRYON, UN HOMME : ETHIQUE ET GENETIQUE "
Date : 2006-10-25 12:09:27



CONFÉRENCE

" L’EMBRYON, UN HOMME : ETHIQUE ET GENETIQUE "

Professeur Jérôme LEJEUNE - Strasbourg - Juin 1989


Médecin, universitaire, membre de l’Institut, le professeur Jérôme LEJEUNE enseigne la génétique fondamentale à la Faculté de Médecine de Paris ; Il a découvert la cause de la première maladie chromosomique chez l’homme, la trisomie 21 (mongolisme). Il est notamment membre de l’Académie Pontificale des Sciences, et de l’American Academy of Arts and Sciences. Il est titulaire de très nombreuses distinctions françaises et étrangères.

Excellences,
Chers amis,

Je remercie beaucoup Monsieur le Présentateur Maître HAVARD d’avoir bien voulu étaler quelques titres devant vos yeux émerveillés ; malheureusement, il n’a pas cité le plus important, celui qui fait que je sois devant vous aujourd’hui : Président de « Secours aux Futures Mères ». Titre très important en effet, puisque Madame POULLOT fait tout le travail !
Et justement, pendant que j’écoutais Madame POULLOT, une vieille réflexion biologique dont j’avais parlé dans le train avec le Père LABAKY me revenait en mémoire : j’ai parlé aussi du respect de la vie des petits Australiens, or vous savez qu’il existe en Australie des bipèdes a peu près aussi grands que nous, au pelage roux qui habituellement, avortent leurs petits au deuxième mois. Il s’agit des kangourous. Avorté spontanément au deuxième mois, le petit kangourou ressemble à une petite saucisse qui mesure à peu près 2,5 cm de long. Les membres sont réduits à une griffe sur la patte antérieure, une griffe sur la patte postérieure, et il connaît seulement le sens de la pesanteur. Expulsé du vagin par l’avortement spontané, il s’agrippe dans la fourrure et comme il sait lutter contre la pesanteur, il monte à la verticale automatiquement il arrive à la poche et tombe dedans, il y restera pendant sept mois pour finir sont développement, qui ressemble assez, dans le temps, au développement d’un petit être humain.
Ce qui est tout à fait extraordinaire pour le biologiste, c’est que dans le maigre cerveau d’une mère kangourou, la nature ait, je ne sais comment, inscrit une sorte de concept de « kangourouite » du petit kangourou. Car cette petite saucisse est le seul animal qu’elle laisse rentrer dans sa poche. Si une souris voulait s’y installer, elle aurait vite fait de l’enlever. Alors, je me disais que si la nature, dans un cerveau aussi petit que celui de la mère kangourou, a inscrit la notion que c’est un membre de son espèce, que c’est son enfant, il me semble tout à fait impossible que dans le litre et demi que nous avons dans notre boîte crânienne, la nature ne nous a pas donné une intelligence suffisante pour s’apercevoir que les petits hommes étaient des hommes petits.
Et pourtant, nous appartenons tous ici a une nation qui fut longtemps civilisée et qui a retiré par un vote ce que tous les maîtres de la médecine avaient constamment juré, à savoir : « Je ne donnerai pas de poison même si l’on m’en priait et je ne fournirai pas de moyens abortifs à une femme ».


Le nouveau titre du film de Monsieur NATHANSON s’appelle « Eclipse of reason », et comme lui ne me demande si la maladie dont nous souffrons n’est pas vraiment une maladie de l’intelligence. Si l’on n’a pas étendu sur nos populations, délibérément, une sorte de chape de plomb d’obscurantisme pour faire croire que nous ne savons pas, alors que nous savons beaucoup plus qu’autrefois. L’être humain est un concept qui s’applique à tous les membres de notre espèce, quelle que soit leur taille, quelle que soit leur couleur, et quelles que soient les qualités qui peuvent les faire briller ou les maladies qui peuvent les terrasser.
Alors permettez-moi de vous parler un peu de la physiologie de votre intelligence. Pour le biologiste dans sa quête de la vérité, une double évidence s’impose au début de la vie d’une part et à son épanouissement majeur de l’autre. Cette évidence est simple : « L’esprit anime la matière ». C’est très vrai lorsque l’être est arrivé à sa pleine maturité. Je vous disais que vous aviez un litre et demi – c’est une façon de parler- de volume cérébral, et il faudrait que vous vous rendiez compte que cet ordinateur incorporé est le plus puissant, et de beaucoup, qui existe à l’heure actuelle sous le soleil.

Vous avez dans votre boîte crânienne a peu près 11 milliards de cellules, c’est des millions de fois plus que dans les plus gros ordinateurs de la NASA. Mais le câblage qui relie vos cellules cérébrales est constitué de fils extraordinairement fins, qu’on ne voit même pas au microscope ordinaire, et qui sont des spirales jointives pour faire des sortes de petits tuyaux que nous appelons les neurotubules, et que nous arrivons à voir au microscope électronique. Et ce câblage qui se trouve à votre disposition, qui est la machine que vous utilisez pour comprendre le monde, ce câblage mesure à peu près d’ici à la lune et retour. Vous avez de l’ordre de 4 000 kilomètres de câble à votre disposition !
Ce qui est le plus étonnant, c’est que pour faire fonctionner votre machine, la jonction d’une cellule à l’autre va émettre une sorte de molécule, va ouvrir une sorte de serrure à secret, et que des particules, des ions vont s’engouffrer un à un à une vitesse extraordinaire. Finalement, ce que nous appelons la raison, qui est cette machine à éliminer le fortuit pour ne garder que le déductible est en fait un compteur de particules d’une extraordinaire vélocité. Alors on arrive à cette notion tout à fait évidente et très simple que, chaque fois que vous levez une main, que vous cillez d’un œil, ou qu’une idée traverse votre esprit, vous faites crépiter un nombre énorme de connexions cérébrales et très précisément, c’est-à-dire que votre esprit commande la matière, votre esprit anime la matière. Ca, c’est une évidence contre laquelle on ne peut rien, parce que c’est une certitude expérimentale. Mais ce qui est étrange c’est que la même démonstration se fait tout au début de l’existence. Lorsque les 23 chromosomes qui portent l’information transmise par le père et contenue dans le spermatozoïde sont entrés à l’intérieur de la zone pellucide qui est une sorte de sac de plastique assurant le mur de la vie privée du petit embryon, lorsque le spermatozoïde a perforé cette membrane et qu’elle devient immédiatement imperméable à toute information, à ce moment-là se trouve réunie toute l’information nécessaire et suffisante pour fabriquer, pour constituer cet être humain nouveau qui va se développer. Non pas un être théorique, mais celui qu’on appellera neuf mois plus tard Pierre, Paul ou Madeleine. Celui-là, précisément, commence sa carrière lorsque toute l’information nécessaire et suffisante se trouve réunie. Et nous savons, au-delà de tout doute possible, que cette information est réunie au moment de la fécondation. Effectivement, l’esprit anime la matière, non pas seulement lorsque le cerveau est construit et peut analyser le monde, mais lorsque se met en route cet extraordinaire être nouveau qui va construire son cerveau, c’est-à-dire une machine à inventer des machines qui lui permettront de comprendre un peu l’univers. C’est parce qu’au début, une étincelle d’esprit a animé la matière qu’un nouvel homme a été appelé à l’existence. Il ne s’agit pas, ici, de métaphysique, il ne s’agit pas de morale, il s’agit de doctrine évidente imposée par la réalité. S’il n’en était pas ainsi, la reproduction des êtres serait impossible. Si ce n’était pas l’information qui donnait vie et animait la matière, la génétique n’existerait pas ; nous n’existerions pas.

Vous pouvez trouver étrange (tout le monde le trouve étrange) qu’un être humain au début de sa carrière puisse être réduit, comme diraient les mathématiciens, à sa plus simple expression. Mais toute la vie sera l’expression et la mise en œuvre de ce premier message. La croissance, puis la connaissance et enfin l’expérience de toute la vie requièrent impérativement, imposent absolument que l’être qui un jour comprendra, même imparfaitement, le monde, soit dès le début un être humain. Notre langage commun (je dirais que c’est vrai dans toutes les langues latines, et c’est vrai, en partie, dans presque toutes les langues du monde), notre langage commun a toujours connu cette évidence. Nous employons le même mot pour définir une idée qui nous vient à l’esprit ou un nouvel être qui vient à l’existence. On parle dans les deux cas de conception. On conçoit une idée, on conçoit un enfant. Que le terme de conception s’applique à ces deux extrêmes de la performance humaine n’est pas une pauvreté de langage, c’est en fait la perception intuitive, par l’intelligence collective qui est le langage, de ce que tout au début de l’existence, la forme et la matière, l’esprit et la substance sont si étroitement imbriqués qu’on ne peut pas les dénommer différemment l’un de l’autre. Pour résumer d’un mot qui, je crois (mais je ne suis pas sûr de ma citation), est de Saint Thomas d’Aquin : « Au moment où la matière a subi sa dernière disposition, l’esprit ne peut pas manquer d’y être ».

Alors une question se pose : s’il est vrai (et on peut en douter) que l’esprit anime la matière, s’il est vrai que les hommes soient faits de cette façon-là, alors peut-être existe-t-il une sorte de mode d’emploi de la nature humaine, et peut-être une notice d’entretien ?
Vous savez, quand vous achetez une voiture, on vous la vend avec une « feuille des Mines » dans laquelle les ingénieurs ont calculé que cette voiture peut rouler sur tel terrain (si c’est une 4X4, vous pouvez faire du tout terrain, si c’est une traction avant ou arrière, il vaut mieux rester sur une route déjà tracée). La « feuille des Mines » vous indique à quelle vitesse vous pouvez monter, quelle puissance, quelle charge utile,… Et puis on vous la livre aussi avec une petite notice qui vous dit : de temps en temps, il faut remettre un peu d’essence, de temps en temps, il faut contrôler l’huile, de temps en temps, il faut mettre de l’eau dans le radiateur,… Ca, c’est la notice d’entretien. Les généticiens n’ont pas encore déchiffré la « feuille des Mines » de la nature humaine : mais le mode d’emploi nous a été révélé, il est très clair, très évident : c’est le Décalogue, les Commandements de Dieu. Et nous avons aussi la notice d’entretien : les Commandements de l’Eglise.

L’un vous indique ce pour quoi est fait l’homme : il est fait pour connaître qu’il y a un Créateur et s’apercevoir qu’en aimant ses frères, il aime le Créateur, voilà en gros le mode d’emploi de la nature humaine. La notice d’entretien (c’est les commandements de l’Eglise) vous prescrit ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour maintenir votre machine en bon état, capable de résister aux principaux dangers de la route. Alors, s’il existe une morale naturelle que nous puissions tirer de l’enseignement de la biologie, il serait nécessaire que les scientifiques essaient non de la définir, mais de la déchiffrer. Voyez-vous, la science est très exactement, et permettez-moi cette paraphrase un peu inversée de la Genèse, la science est un peu l’arbre de la connaissance, c’est-à-dire l’arbre du Bien et du Mal. Notre travail à nous, scientifiques, est de savoir comment cette connaissance peut être utilisée pour le bien et non pour le mal. Il ne faudrait pas que cet arbre de la science qui recouvre le monde technologique finisse par nous masquer la lumière au point que nous ne sachions plus reconnaître ce qui est bien et ce qui est mal ! Je vous l’ai dit, la biologie peut se résumer très simplement, et c’est ce que je suis obligé d’apprendre à nos étudiants lorsque nous faisons de la génétique fondamentale. Ce message génétique est contenu dans la très longue molécule d’ADN qui ressemble un peu à la bande magnétique que vous avez dans une minicassette. Si une symphonie est enregistrée sur une bande magnétique et que vous introduisiez cette bande dans un magnétophone en état de marche, le magnétophone va nous restituer la symphonie. Or, sur la bande magnétique, il n’y a même pas de notes de musique, et dans le haut-parleur, il n’y a même pas de musiciens ; mais cependant un vrai orchestre a été enregistré, un code a permis de faire varier localement l’aimantation de la bande magnétique, et si vous savez utiliser le processus inverse qui se passe dans le magnétophone ; une tête de lecture est capable de lancer des impulsions électriques, et finalement de faire vibrer la membrane pour que l’air à nouveau soit ébranlé par le génie de Mozart. C’est comme cela que se joue la symphonie de la vie, en ce sens que l’information se trouve non plus sur une bande magnétique, mais sur la longue molécule d’ADN qui mesure un mètre de long. Il y en a un mètre de long réel dans un spermatozoïde et soigneusement coupé en 23 morceaux, et la ficelle est soigneusement pelotonnée pour que, finalement, elle tienne à l’aise sur une pointe d’aiguille et qu’elle soit capable de se diviser de cellule à cellule, sans faire de nœuds ; ce qui est très compliqué si vous imaginez deux ficelles d’un mètre de long, un mètre venant du père, un mètre venant de la mère, le tout étant très à l’aise sur la pointe d’une aiguille. Comment ceux-ci ne s’emmêlent-ils pas ? C’est un des secrets de la mécanique moléculaire qui, pour l’instant, n’est pas claire, mais qui, en tout cas, marche très bien. Finalement, on peut résumer toute la biologie d’une façon fort simple : au commencement, il y a un message, ce message est dans la vie, ce message est la vie, et si ce message est un message humain, cette vie est une vie humaine. Lorsque vous saurez cela, vous connaîtrez toute la biologie moléculaire moderne ; bien sûr, il y a des petits détails qu’il faut connaître pour passer les examens, mais c’est seulement pour les spécialistes. Vous aurez compris pourquoi nous savons au-delà de tout doute possible que l’être humain, au début de sa carrière, est exactement notre semblable, notre frère, dans le cas particulier notre enfant, et qu’il a droit au respect non pas en fonction de sa puissance, de sa taille ou des performances au moment où on lui porte respect, mais pour une raison simple et unique : c’est qu’il est membre de notre espèce. Je disais que notre cerveau était une machine puissante ; si vous ouvriez votre boîte crânienne, un peu comme on soulève le capot de votre voiture, vous verriez tout de suite qu’il existe des zones : par exemple la zone de Broca, la zone de Wernicke ou les zones temporales, qui n’existent pas chez les autres êtres vivants, mais seulement chez les êtres qui marchent sur deux pieds, et qui (en plus de ce que font déjà les kangourous dont je vous parlais tout à l’heure) sont capables de parler… et l’on peut plus ou moins faire confiance à ce qu’ils disent. Or, il existe une école qui prétend que tout ce que je vous ai dit est vanité, que les êtres humains ne sont que des animaux comme les autres et qui ne diffèrent guère que par des particularités minimes et à vrai dire peu intéressantes de leurs confrères les chimpanzés ou des différents singes plus ou moins semblables à nous. Ici, je voudrais vous faire une confidence : il se trouve qui, par mon métier, je voyage beaucoup, trop en réalité. Chaque fois que je le peux, je visite deux endroits extrêmement instructifs dans les villes où j’arrive. Les deux endroits extrêmement instructifs sont l’université d’une part, le jardin zoologique de l’autre. Eh bien dans ces universités, j’ai pratiquement toujours vu des gens graves à la mine solennelle hocher doctement la tête en se demandant si leurs enfants, finalement, quant ils étaient tout jeunes, n’étaient pas des sortes d’animaux. Mais je n’ai jamais vu, dans un jardin zoologique, de congrès de chimpanzés se réunissant pour se demander si, tout bien pesé, un beau jour, leurs enfants ne deviendraient pas des universitaires ! C’est une expérience toute simple, mais que j’ai faite plusieurs fois, et qui me semble avoir une conséquence très claire, c’est que la nature humaine existe réellement, on n’a pas besoin d’être grand clerc pour s’en apercevoir, et que ceux qui ne s’en avisent pas se bouchent volontairement les yeux. La nature humaine est étrange : l’homme est le seul être sur cette planète à se demander qui il est, d’où il vient et ce qu’il a fait de son frère. Et cette curiosité est tellement remarquable qu’il est le seul a avoir découvert qu’il existe une relation entre la copulation et la survenue neuf mois plus tard d’un petit être qui lui ressemble. Malgré ma grande affection pour les chimpanzés, les gorilles, les orangs-outans, les gibbons, je ne suis pas très au fait de leurs sentiments internes, des sensations et des passions qui les meuvent. J’ai l’impression toutefois que la pulsion sexuelle d’un chimpanzé en rut doit être assez semblable à ce que les hommes ou les femmes peuvent ressentir dans la même situation, mais il y a une chose que je sais avec certitude, c’est que le chimpanzé le plus malin, le mieux dressé, le mieux éduqué, ne saura jamais et ne comprendra jamais qu’il puisse y avoir une relation entre le fait de monter sa femelle et que, neuf mois plus tard, celle-ci mette bas un petit singe qui lui ressemble. Aucun animal n’a jamais compris cela, mais les hommes, eux l’ont toujours connu. A tel point que les païens, lorsqu’ils voulaient représenter la passion amoureuse, se contentaient de la statue d’un enfant. Le dieu de l’amour, Eros, est tout simplement un enfant. Tout le monde comprenait ce que cela voulait dire. C’est justement lorsque le comportement sexuel est en jeu que la supériorité des hommes apparaît véritablement. Car si nous soupçonnons bien qu’il existe une morale naturelle, il en découle immédiatement que dissocier l’amour de l’enfant et l’enfant de l’amour est une erreur de méthode, puisque nous sommes les seuls à connaître cette relation. Il en ressort une prescription tout à fait naturelle de l’abstinence continue dans le célibat chaste ou de la continence périodique dans le mariage heureux. Si la monogamie correspond bien aux tendances de notre espèce et si la coutume continue à conserver au mari une prérogative, c’est-à-dire d’être le seul habilité à déposer une semence de vie dans le temple intérieur qu’est le corps féminin, alors on en déduit très simplement les notions de morale opérationnelle si je puis dire : La contraception qui est faire l’amour sans faire l’enfant,
la fécondation extra-corporelle qui est faire l’enfant sans faire l’amour,
la pornographie qui est défaire l’amour,
ou l’avortement qui défaire l’enfant,
sont contraires à la dignité de l’amour humain.

Je ne dirai pas la même chose de l’amour chimpanzé, car le chimpanzé ne sait pas tout cela et son comportement n’a de ce fait pas la même possibilité de dignité.

Ici, je voudrais répondre à la critique moqueuse, fort ancienne et qui croit avoir tout dit, à savoir : la morale est bien mal placée dans le fond d’un pantalon ! J’ai souvent entendu cette remarque dans ma jeunesse et je me suis demandé si, après tout, les gens qui la faisaient n’avaient pas raison. Il a fallu longtemps pour que je m’aperçoive que d’imaginer que la morale était mal placée au-dessous de la ceinture, était une méconnaissance de la neuro-anatomie. Il faut que je vous explique cela un instant. Pardonnez-moi, il faut bien être technique de temps en temps.

Vous savez que notre sac de peau qui est en contact avec le monde extérieur se trouve représenté point par point dans notre cerveau. A peu près à l’endroit où les jeunes filles utilisent un serre-tête d’écaille pour retenir leurs cheveux, au niveau de la scissure de Rolando, il existe une sorte de figuration neurologique de l’être humain, et chaque point du corps se trouve représenté. En partant du thorax, on trouve le thorax puis le bassin, puis les membres inférieurs, puis finalement les orteils. A l’autre extrémité, la tête occupe une position tout à fait particulière, elle a l’air d’être séparée du tronc et retrouvée comme une sorte de Saint Denis après décollation, tenant sa tête entre les mains. L’homme neurologique n’a pas tout à fait la tête sur les épaules ; c’est un grand mystère, mais on s’en aperçoit souvent dans la vie courante.

La disposition est encore plus étrange quand il s’agit des organes génitaux : ils se projettent non pas dans l'ordre qui nous paraît anatomique, c’est-à-dire au niveau du bassin, mais se retrouvent au-delà des pieds, comme découpés et au bout des orteils. Ceci est connu depuis une trentaine d’années et a beaucoup surpris les anatomistes. Bien entendu, ceci expliquerait le fétichisme du soulier, trouble pathologique de la sexualité fort connu dans la littérature, mais il y a beaucoup plus important. Les organes génitaux sont, de ce fait, la seule partie de notre anatomie à être représentée tout à fait à l’extrémité de l’homoncule neurologique. Ils se trouvent être ainsi immédiatement au contact d’une énorme circonvolution qu’on appelle la circonvolution limbique, et qui est le siège des émotions, des forces qui nous meuvent, celles qui ont trait à la permanence de l’être : la chasse, la faim, la soif, et celles qui ont trait à la permanence de l’espèce : le désir, la quête du conjoint et aussi une sorte d’affection pour ce qui est petit, qui est rond, sans aspérité, qui nous porte à protéger le descendant. Anatomiquement, nous sommes, nous les hommes, construits de telle façon que le génital soit la seule représentation du corps directement au contact des émotions.

Il en résulte que celui qui veut maîtriser ses émotions pour que l’agressivité ne devienne pas l’instinct mortel, pour que le désir ne devienne pas l’exploitation, est obligé par l’anatomie à commander, aussi et probablement d’abord ce qui a trait au génital, s’il veut être capable de diriger sa propre machine et d’être, si je puis dire, le maître chez lui.

La morale n’a pas été mise dans le fond d’un pantalon. Le génital est réellement au contact des pulsions les plus puissantes de l’organisme. C’est cela que les moralistes ont toujours su, et il est étrange qu’ils aient pu le découvrir alors qu’ils ignoraient tout de la façon dont nous sommes véritablement construits.

Tout ceci pour vous faire sentir que ceux qui refusent la notion de nature humaine, ceux qui ne veulent pas reconnaître que les êtres humains très jeunes sont des humains à part entière, portent non seulement une atteinte à la morale, mais font une grave entorse à l’intelligence. Ils refusent l’évidence que nous avons aujourd’hui, évidence qui ne fait que confirmer la sagesse de toujours. Par une osmose que nous ignorons, la sagesse est capable de connaître intuitivement beaucoup de choses sur la façon dont nous sommes faits, bien avant que les scientifiques soient parvenus à le démontrer.

Si nous acceptons tout cela, et la biologie moderne nous oblige à l’accepter, nous devons nous demander aussi : ce respect porté à l’être humain très jeune que nous refusons de tuer, que nous refusons d’exploiter, ne va-t-il pas paralyser la science en empêchant la recherche ? A cela, je répondrai par trois exemples récents. Je ne vous proposerai pas une réponse théorique, mais une réponse expérimentale. Ce que nous avons appris au cours des trois dernières années sur le respect du couple, le respect de l’embryon, et le respect de l’humanité. Le respect du couple d’abord.

L’acte conjugal est la seule façon naturelle de déposer des gamètes mâles dans ce temple intérieur qu’est l’organisme féminin. J’ai déjà employé tout à l’heure ce mot, cette expression « temple intérieur », et ne croyez pas que c’est une métaphore personnelle. Il y a six mois, je parlais à côté de Nagasaki à de charmantes petites sœurs qui sont d’origine française, qui sont maintenant presque toutes japonaises. Une sœur française était capable de traduire ce que je disais à cette petite communauté d’une vingtaine de sœurs qui m’avaient demandé : « parlez-nous des débuts de la vie, que nous connaissions un peu ces choses ». J’avais donc employé l’expression « temple intérieur » qui m’était venue tout à fait spontanément sur les lèvres, et l’une des petites sœurs a interrompu ce que je disais pour dire quelque chose, très vite, en japonais, à la sœur qui traduisait. Bien entendu, cela m’a échappé. Et à la fin de l’exposé, la petite sœur qui faisait la traduction me dit : « Il faut que vous sachiez ce que m’a dit la sœur tout à l’heure : le mot utérus en japonais s’écrit avec deux caractères différents, deux kunji : l’un des pictogrammes veut dire temple, et le second veut dire secret » (applaudissements dans la salle). Merci pour les Japonais, vous avez raison d’applaudir leur génie. Dans leur langue, utérus s’écrit temple secret, cela prouve que les hommes de l’Orient Extrême, quand ils ont réfléchi, ont trouvé spontanément ce qui nous paraît une métaphore, et qui pour eux est une définition.

Je disais donc que l’union de deux personnes est, dans la simple morale, le seul moyen naturel d’amener les gamètes mâles dans le temple intérieur de la femme. S’il arrive que ce système ne fonctionne pas et qu’il y ait une stérilité tubaire, certains proposent de prélever les gamètes masculins et de les mélanger dans une petite bouteille a des ovules qui flottent dans le liquide. L’un des spermatozoïdes va perforer la membrane pellucide, la fécondation se présentera in vitro ou plutôt extra-corporelle. Il faut bien voir que dans la nature, c’est vrai que la fécondation est en dehors du pouvoir des conjoints. Le rapport génital, l’union conjugale qui est le rapport voulu et délibéré de deux personnes pour éventuellement en voir apparaître une troisième, sorte de trinité tout à fait remarquable, ne fait que de déposer les gamètes dans l’organisme féminin. C’est seulement quelques heures plus tard que l’union des gamètes se réalisera dans le corps féminin. Alors on conçoit très bien qu’il y ait une différence de nature entre ces deux choses. L’union des personnes amène les gamètes et seul le mari est autorisé, habilité à déposer des gamètes. Une fois que les gamètes sont déposés, ce sont des lois de la physiologie cellulaire qui entrent en jeu, et le désir ou la volonté des conjoints n’a plus aucune efficacité, ce sont uniquement les lois de la biologie qui régissent le résultat.

Il s’ensuit que lorsqu’un technicien prélève les spermatozoïdes du père et les utilise pour qu’ils fécondent une ovule soit dans la mère, soit dans une petite bouteille, il fait très exactement le seul acte qui soit la prérogative exclusive et absolue du mari. C’est-à-dire qu’il y substitution des personnes. Le technicien se substitue au mari. En revanche, si le même technicien répare une trompe en lambeaux, rouvre une trompe qui était bouchée, remet en route un mécanisme biochimique qui fonctionnait mal, et permet donc la fécondation lorsque les gamètes ont déjà dans le corps féminin, là on ne fait qu’aider la nature, il fait son métier de serviteur des patients. Il faut bien comprendre qu’il y a une différence énorme. La fécondation in vitro est une substitution de personnes. C’est le technicien qui a puissance parentale ; d’abord puissance maritale puis puissance parentale, et qui s’arroge un droit qui ne lui appartient nullement. En revanche, celui qui est au service des malades, qui essaie de réparer les effets de la maladie, fait de la médecine la plus classique, même si elle est extrêmement difficile. Cette distinction entre l’aide à la nature et la substitution des personnes peut vous paraître un peu théorique, c’est celle qui est exposée dans « Donum Vitae ». Mais « Donum Vitae » ne l’a pas inventée ; cette distinction est, je crois, inscrite dans le cœur de toutes les femmes. Je n’en veux pour preuve que la réflexion qui vous choquera peut-être par son réalisme, ou plutôt par son surréalisme, d’une jeune femme qui venait de subir la reposition de son embryon intra-utérin. C’est cité par Monsieur Testard dans son livre. Ils avaient opéré très respectueusement, et avaient mis un peu de musique douce dans la salle d’opération, pour que la femme, qui n’était pas anesthésiée, soit dans une atmosphère plus rassurante. Ayant redéposé l’embryon dans l’utérus de la mère, après ce long détour dans les éprouvettes et des les étuves, Testard lui dit : « Madame, vous êtes enceinte ». Chose tout à fait véridique. Quelques instants après, les médecins étant partis, le mari arrive, et assez ému, demande à sa femme comment ça s’est passé. Et elle de lui répondre tout à trac : « J’ai fait l’amour avec les trois. » Il y avait trois médecins. Evidemment, ces gens s’étaient fort bien conduits, mais cette femme expliquait, par un mot véritablement surréaliste, qu’effectivement il y avait substitution de personne car, quand trois techniciens se réunissent pour vous mettre un bébé dans le ventre, ils font très exactement l’action qui, par la nature même de l’union conjugale, est réservée au mari.

Je ne suis pas prophète, je n’ai pas de boule de cristal à la maison, ni au laboratoire d’ailleurs, mais je peux vous dire mon sentiment. Ce long détour hors du corps maternel qu’est la fécondation in vitro sera considéré probablement dans quelques années comme une mauvaise méthode, et toutes techniques tendront à obtenir le même effet in utero, sans cette exclusion extra-corporelle. Seulement, il faut que vous sachiez que la fécondation in vitro persistera, non pour guérir la stérilité, mais parce que ceux qui la pratiquent ont ainsi une emprise sur le destin des hommes. Ce n’est plus la notion de service rendu et de maladie guérie, c’est l’orgueil du thaumaturge, ou plutôt de l’apprenti sorcier.

Reste le respect de l’embryon

Tout à l’heure, j’ai répondu aux questions d’un charmant monsieur de la radio, il me demandait : « Mais qu’est-ce que vous faites des embryons surnuméraires ? » Vous savez que certains manipulateurs des fécondations en série mettent quelques embryons au frigo pour les retrouver plus tard. Je lui ai fait remarquer qu’il était véritablement un homme des mass média, employant le jargon actuel sans se soucier de ce que cachait ce jargon, et je lui ai demandé :

- « Mais, Monsieur, croyez-vous qu’il puisse y avoir des hommes surnuméraires ? Croyez-vous vraiment que certains hommes sont en trop ? C’est cela que ça veut dire, surnuméraire. En plus, si vous croyez cela, vous êtes d’un racisme épouvantable ! Donc vous ne le croyez pas ? ». - « Ah » me dit-il « non, je ne crois pas qu’il y ait des hommes en trop. »
- « Alors, pourquoi pensez-vous qu’il puisse y avoir des embryons surnuméraires ? »

Il a réfléchi un moment, et il n’a pas répondu, parce qu’il n’y a pas de réponse. Il employait le mot surnuméraire parce que ça se fait dans les journaux !
Eh bien, il n’y a pas d’hommes en trop, ou tout au moins aucun homme n’est capable de savoir cela, parce que nous ne pouvons pas être à la fois juge et parti.
Un théologien, récemment, a proposé de tuer les embryons conservés au froid intense. Je pense qu’il a fait une grave erreur. C’est une idée de « mort-théologien ». Nous avons eu autrefois des « avort-théologiens », mais comme ils n’ont pas eu de descendance, ils ont aujourd’hui disparu ! Quoi qu’en pensent les « mort-théologiens », on ne répare pas une faute par un crime !

Je pense sincèrement qu’on n’a pas le droit de mettre les hommes dans un temps suspendu. Le froid intense ne fait que ralentir la vie des molécules. Et quand on s’approche du zéro absolu, tout le mouvement s’arrête. Ce qui s’arrête véritablement, c’est le temps, le temps local ne s’écoule plus. Des embryons humains conservés dans l’azote liquide sont comme s’ils étaient enfermés dans un temps suspendu. On peut les entasser par milliers dans un petit bidon, un vase de Darsonval qui les maintient dans le froid intense. Comment donc appelle-t-on le fait d’entasser des hommes, de leur interdire de savoir que le temps s’écoule, de leur interdire tout mouvement, toute liberté d’être, sauf celle de subsister à titre précaire dans un espace extrêmement restreint où ils sont concentrés ? Cela s’est appelé, il n’y a pas tellement longtemps, un camp de concentration. Les conteneurs dans lesquels on veut mettre les embryons « surnuméraires » sont des lieux très petits, très froids, et très souvent mortels. Ils relèvent de la même notion, à savoir que « l’on peut exploiter les hommes », les considérer comme du matériel ou comme du bétail.

C’est l’erreur scientifique la plus inhumaine qui puisse commettre notre génération. Car si nous acceptons que l’on puisse congeler les êtres humains pour les utiliser ensuite à volonté, pour les éliminer comme du matériel expérimental après usage, pour éventuellement les décongeler selon besoin, pour les échanger comme un objet de négoce, ou plus simplement de les préserver comme une denrée périssable, nous aurons perdu la notion élémentaire que tout homme est respectable, non pas parce qu’il est puissant, mais simplement parce qu’il est homme.

Rappelez-vous que tout ce qui a été possible dans les camps de concentration reposait sur une doctrine, et une seule : « Un prisonnier n’est pas un homme ». Cela permettait tout. La même chose pour un embryon, si nous disons : un embryon n’est pas un homme, cela permettra tout, y compris les plus grands crimes. Et j’ai trouvé très réconfortant il y a quatre mois que des scientifiques du Maxplanck Institut, la plus grande institution allemande, écrivent dans « Nature » que tous les scientifiques devaient refuser cette exploitation des embryons humains. Il est remarquable que des biologistes dont le pays a connu la doctrine dénaturée d’il y a cinquante ans disent au monde : ne faites pas la même erreur sous prétexte que les fours crématoires seront beaucoup plus petits et les lieux de concentration bien moins visibles !

Reste une dernière chose : est-ce que cette non-exploitation des embryons va retarder la découverte ?

La réponse est non. Là, je serai très bref. J’ai témoigné il y a trois ans devant le Parlement Britannique lors de la discussion d’un projet de loi pour protéger des embryons humains. Certains manipulateurs prétendaient utiliser des embryons pour découvrir le mécanisme et le remède éventuel de plusieurs maladies : la trisomie 21, des maladies musculaires, des maladies neurologiques, des maladies sanguines. Devant le Parlement, j’ai donc témoigné qu’il n’était pas possible d’étudier une maladie des muscles quand les muscles n’étaient pas encore fabriqués (les avorteurs demandaient le droit de manipuler des embryons tout jeunes, de moins de quatorze jours). J’ai été très vivement attaqué dans les journaux anglais qui titrèrent : « French influence in Britain ».

Fait très intéressant, et que je voudrais simplement noter : le journal « Nature » qui est le plus grand journal scientifique a proposé immédiatement à ses lecteurs : « si vous nous envoyez un article démontrant par pure raison que ce qu’a dit LEJEUNE était complètement faux, vous recevrez un abonnement gratuit à notre revue, et nous publierons votre article ». C’était il y a trois ans, et je peux vous dire qu’aucun article n’est paru sur ce sujet et que, à ma connaissance, aucun scientifique ne reçoit gratuitement cet intéressant journal !

Ceci veut dire simplement que ceux qui avaient dit : « Donnez-nous le droit d’expérimenter sur les embryons et nous ferons telle et telle découverte » avaient sciemment trompé le législateur. Les découvertes qu’ils demandaient ont été faites. On a effectivement isolé le gène de la myopathie, on a même isolé la protéine anormale fabriquée par le muscle malade, on a isolé le gêne de la mucoviscidose,… et tout ceci a été fait à partir de volontaires adultes consentants, sans leur faire courir aucun risque, et sans qu’on n’ait jamais mis en danger le moindre embryon humain !

La réponse, nous l’avons, elle n’est pas nouvelle, elle est connue depuis toujours. Toute l’histoire de la médecine est là pour nous enseigner que ce ne sont pas ceux qui brûlaient les pestiférés dans leur maison, ou ceux qui étouffaient les enragés entre deux matelas qui ont libéré l’humanité de la peste et de la rage.

Les vrais médecins se sont attaqués à la maladie, pas aux malades ! Depuis toujours, la médecine se bat pour la santé et pour la vie, contre la maladie et contre la mort, elle ne peut pas changer de camp ! Sous peine de perdre son nom, sous peine de devenir une sorte de biologie exploitant la condition humaine, mais contraire à sa vraie nature.

Voilà, j’ai fini, je ne vous ai pas parlé de toutes les manipulations génétiques parce que cela nous demanderait une heure de plus, mais vous devez savoir que nous deviendrons de plus en plus puissants, inexorablement. Et devenant plus puissants, nous serons de plus en plus dangereux, car si la technologie est cumulative, la sagesse ne l’est pas.

Alors, que nous reste-t-il ? il nous reste la sagesse, la sagesse éternelle, celle que les hommes n’ont pas inventée. Cette sagesse se résume en une phrase qui juge tout, qui vous dira à chaque instant ce que vous devez faire ou ne pas faire. Cette phrase est toute simple :

« Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c'est à Moi que vous l’avez fait ».

Si les hommes n’oublient pas cette phrase, si les praticiens s’en souviennent, alors la technologie la plus compliquée restera l’honnêteté servante de la famille des hommes.

Mais s’ils l’oubliaient, si les législateurs l’ignoraient, alors là, vous auriez tout à redouter d’une biologie dénaturée.

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La discussion

 Question sur l'avortement., de Antoine [2006-10-25 11:49:30]
      Allez sur le site suivant : , de Maïe [2006-10-25 12:02:18]
      tentative de réponse, de Rafikiduroc [2006-10-25 12:03:05]
      Au nom..., de Etienne [2006-10-25 12:04:10]
          sur l'âme, de Rafikiduroc [2006-10-25 12:06:57]
              je crois..., de Etienne [2006-10-25 12:11:34]
                  La question ne sera pas tranchée, de olo [2006-10-25 12:26:34]
                      Erratum, de olo [2006-10-25 12:29:32]
      " L’EMBRYON, UN HOMME : ETHIQUE ET GENETIQUE  [...], de Paulus [2006-10-25 12:09:27]
      Oui l'Eglise considère que c'est un être humain, de Donapaleu [2006-10-25 12:11:02]
          ce que dit le CEC, de Rafikiduroc [2006-10-25 12:14:27]
      Tous les arguments, de Danver [2006-10-25 12:16:00]
      Il est vrai que Saint Thomas , de Vincent F [2006-10-25 12:20:43]
          Pourquoi disséquer ce que Dieu a uni ?, de Glycera [2006-10-25 13:42:05]
              Tout à fait d'accord chère Glycéra, de Christian [2006-10-25 14:11:00]
      Connaissez-vous les secrets du Seigneur ?, de Griffon [2006-10-25 17:55:45]