Anneau du pêcheur. Représente St Pierre dans sa barque tirant un filet. Il est porté à la main droite ; c'était à l'origine le sceau du pape, pour sceller sa correspondance privée, puis il fut réservé aux brefs apostoliques à partir de Calixte III (1455-58). A la mort de chaque pape, il est brisé publiquement, avec un marteau et sur une enclume en or, par le cardinal camerlingue.
Camauro. Ancienne coiffure des papes (bonnet en velours ou satin) remise en usage par Jean XXIII, mais abandonnée par Paul VI.
Clefs de St Pierre. 1 d'or et 1 d'argent. Figurent sur les armes propres de l'Église romaine, le blason et le sceau de l'État pontifical et le drapeau du Vatican ; symbolisent le pouvoir spirituel (or) et le pouvoir temporel (argent) des papes et non les 2 pouvoirs de " lier " et de " délier " (c.-à-d. de " tout faire ") accordés à St Pierre. Sur les armes d'Avignon figure une 3 e clef, symbolisant le pouvoir du cardinal-légat.
Flabellum. Chasse-mouches à long manche, en plumes d'autruche, porté près du pape pendant les processions solennelles. Supprimé par Paul VI.
Sedia gestatoria. Fauteuil monté sur un brancard à 4 bras, porté par 16 officiers (les palefreniers). Utilisé par les papes au cours des cérémonies solennelles à St-Pierre. Remonte à la " chaise curule " des consuls de Rome (on conserve un fauteuil en bois recouvert de nacre qui servit, dit-on, à St Pierre). En 1978, Jean-Paul I er y renonça et se rendit à la cérémonie du couronnement à pied, entouré du Sacré Collège mais la foule a protesté car elle ne le distinguait plus ; il est donc monté sur la sedia gestatoria à l'audience publique du 13-9-1978. Sur la place St-Pierre, Jean-Paul II utilise une voiture découverte, la papamobile.
Soutane blanche. Portée depuis St Pie V (1566-1572) : dominicain, il avait gardé la soutane blanche de son ordre (auparavant les papes portaient la soutane rouge des cardinaux).
Tiare pontificale. Coiffure traditionnelle des papes, elle n'est pas un insigne liturgique (la seule coiffure liturgique des papes est la mitre). Dérive du bonnet phrygien ( frigium ou camelaucum ), porté par les rois de l'Orient antique. En 1130, on lui adjoignit une couronne, symbole de la souveraineté sur les États de l'Église. Boniface VIII (vers 1300) ajouta une 2 e couronne, pour symboliser son autorité spirituelle sur les âmes, et Benoît XII (vers 1340) une 3 e pour symboliser son autorité morale sur les rois. Devenue l'emblème du St-Siège, la tiare est remise au pape lors de son couronnement : " Recevez la tiare ornée de 3 couronnes et sachez que vous êtes le père des princes et des rois, recteur de l'univers et sur terre vicaire de Jésus-Christ notre Sauveur. " Symbolise aussi la triple royauté du pape sur l'Église universelle (militante, souffrante, triomphante).
Paul VI n'a porté qu'une fois la tiare (le jour de son couronnement) ; il en possédait 4 (en métal précieux), il en vendit une (à un musée new-yorkais) pour faire un don en argent aux pauvres. Jean-Paul 1 er et Jean-Paul II ont refusé de porter la tiare, même le jour de leur intronisation, par souci de ne pas se présenter en monarques absolus.
Une tiare à 3 couronnes a été portée au XV e s. par l'archevêque de Bénévent, et à partir de 1716, par le patriarche de Lisbonne (de nos jours, il n'en a plus, même dans ses armoiries) en raison de l'immense espace qu'il avait sous sa juridiction patriarcale. Sa cour était organisée avec un chapitre divisé, comme le Sacré Collège, en 3 ordres, et des chanoines mitrés portant les vêtements rouges avec la cappa magna. Des mitres épiscopales, surmontées de couronnes comtales, ressemblant à des tiares, ont parfois été portées par des évêques-comtes, notamment par les évêques de Mende, C tes de Gévaudan (XIV e -XVI e s.). |