Je suis surpris de la violence de la polémique actuelle qui déchire les prêtres et les fidèles attachés au rite tridentin au sujet des aménagements utilisés par certains célébrants et autorisés par la Commission "Ecclesia Dei" dans un directoire liturgique de 1995. Les aménagements en question sont, uniquement pour la messe "in cantu" : le prêtre à la banquette pour la première partie de la messe,l'omission par le prêtre de la récitation des chants interprêtés par le choeur et les fidèles, la proclamation des lectures en vernaculaire face aux fidèles, une "Prière Universelle" en latin avant l'Offertoire, le chant de la secrète, de la doxologie "Per Ipsum, ..." concluant le Canon, le chant du Pater par les fidèles, le chant de la bénédiction finale et l'omission du Dernier Evangile.
Voilà quelques modifications qui n'altèrent pas l'essence du rite et vont dans le sens du "dépoussiérage" voulu par les Pères conciliaires, lesquels n'avaient la plupart du temps pas imaginé qu'on irait plus loin....
Alors, bien sûr, il y a ceux qui prétendent qu'on essaye de nous imposer le missel de 1965. Cependant, l'argument ne résiste guère à l'analyse. En effet, en 1965, les réformateurs étaient déjà allés beaucoup plus loin : suppression du psaume "Judica me", vernaculaire pour toute la messe sauf l'Offertoire et le Canon, nouveau rite de communion des fidèles, autel face au peuple recommandé, messe solennelle sans sous-diacre, etc... Le Directoire liturgique de 1995 ne propose nullement tout cela et heureusement.
J'attends des réactions sur ce sujet, d'autant que Rome envisage, au moins ad libitum, l'usage du Calendrier et du Lectionnaire réformé pour la messe tridentine. Là les chose sont plus compliquées car il est évident que nous devons conserver les temps liturgiques (Octaves, Quadragésime,...) supprimés par Paul VI mais qu'il serait préférable de célébrer avec toute l'Eglise les grandes fêtes (Epiphanie...) et celles des nouveaux Saints...