En vous relisant, je vois votre exaspération: vous parlez avec votre coeur, même si je vous trouve dur avec Paupert qui, dans ses écrits antérieurs, a bien réclamé le libre usage du rite tridentin. Quant aux "ralliés", je ne sais pas comment expliquer leur "silence". Peut-être que moins il devait y avoir de commentaires, mieux, pensaient-ils, ce serait... En effet, si ils avaient carrèment repris les suppliques de Mgr Fellay, certains proches de la FSSPX auraient peut-être dit: "les ralliés crient dans le désert ! Encore une illusion". Mais je ne pense pas qu'ils soient vraiment responsables de l'échec des négociations. J'avancerais même que certains craignaient l'aboutissement actuel. Peut-être étaient-ils sans illusion...
Pour ma part, je ne peux pas imputer à Rome l'échec des négociations: je pense que la FSSPX a refusé les avantages que Rome lui accordait. Car, c'est assez rare dans l'histoire, Rome ne proposait RIEN en contrepartie: pas de contrepartie doctrinale, ni liturgique. Peut-être que Rome pensait que les difficultés s'aplaniraient avec le temps et que d'une atmosphère apaisée les perspectives se dessineraient. Mais après tout, la FSSPX et Rome n'étaient pas sur la même longueur d'onde. En ce sens l'échec est compréhensible et donc perceptible dès le début (mais avouez que ces contacts qui ont fini par devenir publics, c'est quand même un miracle). Je sais que la FSSPX n'était pas unie concernant la question des préalables: certains évêques souhaitaient un plus grand nombre de conditions, d'autres comme Mgr Fellay souhaitaient un nombre plus réduit (je pense qu'il a du courage en adoptant une attitude très souple). Je ne crois pas qu'il y ait eu unanimité dans les rangs de la FSSPX (voir opinion de Michèle Reboul, chacun son Paupert...).
Cela me conduit a vous posé cette question: si Rome avait accepté le préalable, pensez-vous que la réconciliation aurait eu lieu ? Pensez-vous que la FSSPX serait revenue comme un seul homme ? Il me semble, pour ma part, que non. L'attitude de Mgr Fellay peut se comprendre par souci d'éviter l'éclatement de la FSSPX. Il a peut-être réussi, mais à quel prix, et avec quelles conséquences ? L'histoire ne repasse pas les mêmes plats, et je pense que tôt ou tard, certains s'en mordereront les doigts. Bien sûr, on peut avoir un autre son de cloche et votre serviteur prie pour que la réconciliation intervienne.
Autre regret: ces négociations n'ont pas vraiment soulevé une levée de boucliers dans les milieux non tradis, ce qui est exceptionnel. Certes, il y a l'opposition des évêques, mais curiseusement, l'a-priori de certains conciliaires n'était pas hostile (j'en veux pour preuve le courier des lecteurs de La Croix: malgré les nostalgiques du bordel des années soixante, certains se réjouissaient de la reprise des contacts et refusaient de crier haro sur la tradition liturgique). Il n'y a pas eu de remue-ménage dans la grande presse et dans la presse catholique. Même le torchon Golias n'a pas hurlé (le feront-ils ?)... Ca, oui, c'était une occasion perdue: car bien des gens indéterminés (la plupart des êtres humains sont comme ça: ni chaud, ni froid, mais passons...) se seraient posés des questions et, peut-être, seraient carrèment devenus des fidèles du rite tridentin.
Dernier point: c'est vrai que Madiran ne prend aucun risque avec la CRC du gourou de Nantes. Cela ne lui coûte rien, car les évêques de France doivent dormir tranquiles.
Avec plaisir j'attends votre réponse, Athanase